Energie en Italie : vers un retour du nucléaire ? - L'EnerGeek

Italie : vers un retour du nucléaire ?

Italie : vers un retour du nucléaire ?

Le mardi 8 mai, la chambre des députés a approuvé la motion qui prévoie un retour possible du nucléaire dans le mix énergétique italien. Giorgia Meloni n’a pas caché durant sa campagne sa position en faveur de l’énergie nucléaire. La présidente du conseil italien et sa coalition gouvernementale voient là l’opportunité de se rapprocher des objectifs de neutralité carbone. Mais au-delà de l’enjeu écologique, il s’agit aussi pour l’Italie de résoudre son problème d’indépendance énergétique, qui court désormais depuis les années 1980.

35 ans de débat sur le nucléaire en Italie

Pour rappel, l’Italie avait décidé de sortir du nucléaire en 1987. Un an seulement après l’émotion suscitée par la catastrophe de la centrale de Tchernobyl, les italiens avaient voté par referendum pour décider d’abandonner le nucléaire. En 2011, un nouveau referendum avait réaffirmé cette position contre l’atome.

Pourtant, à cette époque déjà, le gouvernement italien était favorable à une relance du nucléaire pour soutenir le mix énergétique du pays. Silvio Berlusconi avait pris la parole pour défendre le recours nécessaire au nucléaire. Depuis, la place du nucléaire dans le mix énergétique national est resté un sujet de débat entre les différents partis politiques.

Energie en Italie : le pays déjà dépendant du nucléaire… français

Si les Italiens ont renoncé à produire de l’énergie nucléaire sur leur territoire, ils la consomment pourtant chaque année. Et une part importante de cette énergie nucléaire vient de France. En 2022, l’Italie était le premier pays vers lequel la France exportait son électricité. Or cette électricité provient majoritairement de la filière nucléaire. RTE observe que ce sont 18,4 TWh qui ont été exportés de l’autre côté des Alpes.

Et ce bilan 2022 n’a rien d’une exception. RTE souligne cette situation de dépendance de l’Italie vis-à-vis de l’énergie française. “La frontière italienne est la seule vers laquelle la France exporte presque en permanence, et ce depuis les années 1980.” C’est-à-dire depuis la fin du nucléaire italien. Au global, “les importations [italiennes] représentent régulièrement plus de 10% de la consommation nationale”. RTE souligne aussi que le parc de production italien est largement dominé par la production thermique : 65,1% en 2021. Le coût de production de l’électricité en Italie est donc plus élevé que dans l’Hexagone. RTE estime que cet écart de coût de production reste vrai même quand la France sollicite des moyens de production thermique. Cette différence s’explique car le parc thermique français est plus récent et plus performant que le parc italien.

Nouvelle motion : qu’est-ce qui va changer ?

Pour l’heure, le gouvernement italien n’a validé aucun projet précis. Mais le débat pour la construction de futures centrales nucléaires devient enfin une possibilité. Le développement d’une filière nucléaire en Italie serait bénéfique. Elle permettrait au pays d’être moins dépendant de la France. Une première étape cruciale pour atteindre la souveraineté énergétique.

Le texte voté par la chambre des députés donne le feu vert au gouvernement italien pour définir un projet. Il prévoit d’ “évaluer l’opportunité d’insérer dans le mix énergétique national le nucléaire comme source alternative et propre pour la production d’énergie”. Et c’est cet argument en faveur d’un mix énergétique moins carboné qui a permis de rallier les soutiens des deux partis centristes italiens pour soutenir ce projet porté par la coalition gouvernementale. Le gouvernement doit désormais procéder à l’évaluation pour définir les perspectives d’une nouvelle filière du nucléaire en Italie.

Du côté français, le revirement italien est une bonne nouvelle. Paris peut compter l’Italie parmi ses soutiens au sein de son alliance européenne en faveur du nucléaire.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Comme c’est l’Italie qui alimente la Corse, laquelle sert de relai pour l’alimentation de la Sardaigne. Avant de considérer que les 18,4 TWh annuels expédiés de l’autre coté des Alpes sont une importation pour les italiens, il serait bon de savoir la consommation de la Corse et la part produite sur l’ile.

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  • M. Rochain,

    Ces données sont disponibles sur le portail “Open data EDF SEI” et plus exactement à l’adresse URL suivante : https://opendata-corse.edf.fr/explore/dataset/production-annuelle-delectricite-par-filiere/table/?disjunctive.territoire_open_data&sort=annee_prod

    Les importations en Corse représentent selon les années de 600 à 700 GWh soit 0.6 à 0.7 TWh.
    La consommation totale en Corse se situe aux environs de 2.4 TWh (y inclus les pertes réseau) à comparer aux 18.4 TWh que vous évoquez (sachant que cette valeur est très variable d’une année à l’autre)

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  • On trouvera toujours un politicard italien pour faire croire que ce sont les italiens qui demandent un retour au nucléaire

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