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La stratégie nationale bas carbone se précise

SNBCAu cours du conseil des ministres du 18 novembre, plusieurs précisions ont été apportées sur la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). Des « budgets carbone » ont en effet été fixés secteur par secteur, tout en validant les orientations pratiques pour atteindre ces objectifs. Néanmoins, quelques incertitudes demeurent.

Des objectifs réalistes pour la stratégie nationale bas carbone ?

Pour réussir la transition énergétique, la France doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre « de l’ordre de 9 à 10 Mt par an, au cours des trente-cinq prochaines années » (contre 8 Mt par an entre 2005 et 2013) précise le ministère de l’Environnement. Dans le cadre de la SNBC, les pouvoirs publics ont donc fixé des objectifs pour les périodes 2015-2018, 2019-2023, 2024-2028.

A l’issue du conseil des ministres du 18 novembre, le gouvernement a notamment publié une communication qui précise la contribution de chaque secteur à la SNBC. Le bâtiment (-54% en 2028, puis -87% en 2050) et les transports (-29% en 2028, puis -66% d’ici 2050) seront les activités les plus sollicitées dans un premier temps, l’industrie (-24% en 2028, puis -75% d’ici 2050) et l’agriculture (-12% d’ici 2028, puis -50% d’ici 2050) devront également participer aux efforts.

Pour réussir à atteindre ces objectifs, plusieurs pistes sont d’ores et déjà évoquées. Pour le bâtiment, la maîtrise des consommations énergétiques passera par exemple par les normes « bâtiment basse consommation ». Pour les transports, l’efficacité énergétique, les véhicules propres ou hybrides, ainsi que les modes de transport alternatifs (co-voiturage, fret ferroviaire…) seront privilégiés. En ce qui concerne l’industrie, les autorités comptent promouvoir le principe de l’économie circulaire pour l’énergie et les matières premières. Enfin, l’agroécologie devra permettre de concilier productivité et respect de l’environnement.

Les émissions cachées et autres imprécisions

Malgré ces ambitions affichées, plusieurs incertitudes demeurent quant à l’efficacité de la SNBC. C’est notamment ce qu’affirme le Réseau Action Climat en évoquant la notion « d’empreinte carbone » ainsi que les « émissions cachées ». Faire tomber à 343 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2028, soit -30% par rapport à 2013 est une chose, mais encore faut-il s’assurer que les mesures adoptées ne se contentent pas de déplacer les émissions dans d’autres pays, notamment via des délocalisations.

Qui plus est, le Syndicat des Energies Renouvelables tempère l’enthousiasme de Ségolène Royal sur la question de la Programmation Pluriannuelle de l’énergie. En effet, si le président du SER, Jean-Louis Bal, félicite la responsable politique pour l’annonce d’un « calendrier d’appel d’offres volontariste » pour le photovoltaïque, il s’inquiète de voir « retomber la dynamique industrielle » pour la filière de l’éolien en mer. De surcroît, la planification du gouvernement socialiste ne s’accompagne d’aucun scénarios d’évolution de la consommation d’énergie.

Aussi, lorsque la ministre de l’Energie déclare que  « la transition énergétique et le développement d’une économie bas carbone permettront à la France d’être moins dépendante des énergies fossiles, de soutenir la croissance et d’augmenter le nombre d’emplois », tout en tablant sur « 100 000 à 350 000 emplois supplémentaires entre 2015 et 2035 », les professionnels restent dubitatifs. On peut par exemple se demander si ces estimations concerneront bien des créations nettes d’emplois… Pour les énergéticiens, comme pour les citoyens, plusieurs précisions devront encore être apportées avant de pouvoir réellement se projeter dans le monde de demain.

Rédigé par : jacques-mirat

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