L'Afrique peut quadrupler ses capacités d'énergie renouvelable d'ici à 2030 - L'EnerGeek

L’Afrique peut quadrupler ses capacités d’énergie renouvelable d’ici à 2030

éoliennes_afrique_photowarrenskiConfrontée à de nombreux problèmes d’approvisionnement, l’Afrique doit, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), investir massivement dans de nouvelles capacités de production électrique et privilégier les énergies renouvelables abondantes sur le continent. Le dernier rapport de l’Irena intitulé “Africa 2030” et publié le lundi 5 octobre dernier, démontre que le continent pourrait ainsi satisfaire près d’un quart de ses besoins énergétiques d’ici à 2030 via le seul recours à des énergies renouvelables propres et locales.

Potentiel de production renouvelable et chute des coûts d’exploitation

Si les énergies renouvelables ne couvraient en 2013 que 5% des besoins énergétiques du continent africain, l’Irena est résolument optimiste quant à leur développement dans les années à venir.

Le dernier rapport de l’Agence internationale, envisagé comme une “feuille de route” pour la transition énergétique en Afrique, estime en effet que la part des renouvelables pourrait être multipliée par quatre à l’horizon 2030. Elles représenteraient ainsi plus de 22% du mix énergétique africain.

Les ressources solaires abondantes sur tout le continent, la biomasse et le potentiel hydraulique élevé dans les régions centrales et méridionales, le potentiel géothermique de la vallée du grand rift, ainsi que les fortes ressources éoliennes des régions du nord, de l’est et du sud, constituent ici des réserves énergétiques considérables et pourraient permettre selon le scénario de l’agence, de produire jusqu’à 50% de l’électricité en Afrique, réduisant du même coup les émissions de gaz à effet de serre de plus de 310 mégatonnes.

Un scénario rendu possible notamment par la baisse continue des coûts des technologies renouvelables, faisant de ces énergies des solutions très économiques dans de nombreux contextes.

Comme l’explique le directeur général de l’IRENA, Adnan Z. Amin, “l’Afrique détient quelques-unes des meilleures ressources en énergie renouvelable au monde sous la forme de biomasse, d’énergie géothermique, hydraulique, solaire et éolienne. Cet atout, combiné à la chute vertigineuse des coûts des technologies d’énergies renouvelables, donne aux pays africains une excellente opportunité de transformer et de développer leurs systèmes énergétiques, tout en ouvrant la voie à une croissance économique à faible intensité de carbone”.

Des renouvelables pour alimenter la croissance économique

Le déploiement des énergies renouvelables modernes en Afrique représente donc pour l’Irena une solution abordable pour répondre à la demande croissante en énergie, tout en augmentant l’accès à celle-ci, en améliorant la santé des populations et en atteignant des objectifs de durabilité.

“L’exploitation des ressources en énergies renouvelables est la seule façon pour les nations africaines d’alimenter la croissance économique, d’optimiser le développement socio-économique et de renforcer la sécurité énergétique à faible incidence environnementale”, ajoute dans ce rapport M. Amin.

Le coût de l’électricité actuellement produite par les projets solaires et éoliens menés dans toute l’Afrique n’a jamais été aussi bas, et met donc à disposition des technologies à la fois fiables, disponibles et concurrentielles. L’Irena recommande de ce fait aux gouvernements africains d’accélérer le processus d’adoption des énergies renouvelables sur le continent via la mise en place de cadres réglementaires favorables et incitatifs destinés à stimuler les investissements.

Pour répondre aux exigences de sa croissance économique et satisfaire l’augmentation de la demande, l’Afrique devra au moins doubler, voire tripler sa production d’électricité d’ici à 2030.

Autant de nouvelles capacités de production et de distribution électrique qui nécessiteront d’un côté, des investissements de l’ordre de 70 milliards de dollars par an d’ici à 2030, mais permettront de l’autre, des économies d’au moins 20 milliards de dollars par an en frais de santé du fait de l’amélioration de la qualité de l’air dans les logements.

Crédits photo : Warrenski

Rédigé par : livingston-thomas

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