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Accident nucléaire : vers une harmonisation européenne de la protection ?

Centrale-nucleaire-Saint-Laurent-des-Eaux - © NitotLes gouvernements européens ont reçu ce lundi 24 novembre 2014 une invitation historique de la part des autorités de radioprotection et de sûreté nucléaire continentales. Cette invitation, rédigée sous la forme d’un rapport, invite les Européens à harmoniser leur système de décision et leurs mesures de protection des populations en cas d’accident nucléaire.

 

 

Les autorités de sûreté nucléaire et de radioprotection européennes à l’unisson

Ce rapport, intitulé “Une approche pour une meilleure coordination transnationale des mesures de protection des populations lors des premières heures d’un accident nucléaire”, a été rédigé par la Wenra, l’association des régulateurs de sûreté nucléaire européens, et la Herca, regroupant les autorités de radioprotection européennes.

Ces deux associations internationales se sont retrouvées, sous l’impulsion du ministère fédéral allemand de l’Environnement, le 21 octobre dernier à Stockholm pour mettre au point leurs recommandations.

Ces dernières ont été établies par vingt-et-un experts issus de quatorze pays différents. Se basant principalement sur la catastrophe de Fukushima, ces experts en radioactivité, sécurité et accident nucléaire ont mis au point un schéma de décision et proposent des mesures communes de protection de la population à appliquer lors des premières heures suivant un accident nucléaire.

L’application de ces mesures de protection ne se fera évidemment qu’avec l’accord des autorités nationales européennes.

 

… pour harmoniser les mesures de protection en Europe

Des mécanismes efficaces existent certes déjà dans tous les pays européens depuis des années, mais l’Herca et la Wenra proposent dans leur rapport des mesures réciproques et transnationales dans le cas de catastrophes du type de Fukushima.

Le drame japonais a montré au monde entier qu’un accident nucléaire pouvait survenir n’importe où. L’Europe, où ce risque est, selon les deux associations, “très bas” grâce aux normes de sécurité nucléaire élevées, ne doit donc pas négliger de se doter des meilleures mesures de protection des populations possibles.

Les deux associations promeuvent donc une harmonisation de la gestion des accidents nucléaires en Europe où des “différences significatives” existent en matière de politiques de protection de la population. “Dans le cas d’un accident nucléaire en Europe, ces différences peuvent potentiellement engendrer des difficultés considérables dans la gestion de la crise si l’accident s’est produit près d’une frontière internationale”, expliquent les experts dans le rapport.

 

Une évacuation jusqu’à 20 kilomètres

C’est pourquoi, une plus grande coopération entre les pays et les régions voisins du lieu de l’accident est vivement encouragée par ce rapport qui préconise trois principes directeurs dans la protection des populations : une connaisse réciproque des équipements et normes nucléaires nationales, une coordination transnationale et une confiance mutuelle entre les pays européens.

Le rapport recommande ainsi que les gouvernements voisins adoptent, au début de la crise, les mêmes mesures que celles prises par le pays où s’est produit l’accident, étant donné que peu d’informations sur l’état du réacteur et le taux de radioactivité sont disponibles à ce moment là.

L’approche de l’Herca et de la Wenra inclut des schémas pré-définis de protection des civils et s’appuie sur des mesures d’évacuation, de mise à l’abri et de prise de comprimés d’iode. Ce rapport invite toutes les autorités européennes à faire évacuer l’ensemble de la population comprise dans un rayon de 5 à 20 kilomètres autour de l’accident. La mise à l’abri est conseillée dans un rayon de 20 jusqu’à 100 kilomètres, “dans le cas hautement improbable d’un accident considérable dans une ou plusieurs centrales nucléaires.”

Aujourd’hui “[l]e périmètre d’évacuation va de 5 kilomètres (France) à 30 kilomètres (Bulgarie). De même, le périmètre de mise à l’abri des personnes appelées à rester chez elles et à prendre des comprimés d’iode pour éviter un cancer de la thyroïde varie d’un pays à l’autre (10 à 100 km selon les pays)”, nous rappelle 7 sur 7.

 

Crédits photo : Notit

Rédigé par : La Rédaction

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