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L’Inde signe des accords bilatéraux pour développer sa production nucléaire

CHINA NUCLEARL’un des principaux défis de l’Inde consiste à pouvoir répondre de manière optimale la forte croissance de la demande d’électricité, provoquée par le boom démographique et industriel des dernières décennies. Pour ce faire, le pays souhaite s’engager dans la voie d’une électricité décarbonée et développer davantage son recours à l’énergie nucléaire.

 

[stextbox id=”info”]Un doublé défi : réduire les émissions de gaz à effet de serre et diversifier le mix électrique[/stextbox]

Aujourd’hui, l’Inde doit faire face à de nombreuses coupures de courant. Ce problème récurrent, qui parfois freine la croissance économique du pays, est notamment du à la mauvaise qualité des infrastructures de production d’électricité.

Autre aspect problématique : l’Inde est actuellement le troisième pays qui émet le plus de gaz à effet de serre dans le monde, juste derrière la Chine et les Etats-Unis. La faute à une production basée sur les énergies fossiles (81% du mix électrique), essentiellement du charbon.

Face à ce constat, les autorités indiennes ont souhaité développer leur potentiel nucléaire, pour produire une électricité décarbonée et de manière compétitive. Pour l’heure, l’Inde compte vingt réacteurs répartis dans six centrales (soit 4.780 MW ou 3% du mix électrique), et cinq autres réacteurs sont d’ores et déjà en construction.

D’ici 2032, l’Inde souhaite développer son parc en ajoutant trente réacteurs pour porter sa capacité de production nucléaire à 63.000 MW.

L’Inde envisage donc d’élargir ses relations avec ses partenaires commerciaux privilégiés en signant des accords en matière du nucléaire civil. Un accord vient d’être entériné avec l’Australie, un autre pourrait l’être avec le Japon d’ici fin septembre.

 

[stextbox id=”info”]Des accords avec le Japon et l’Australie dans le domaine du nucléaire civil[/stextbox]

Depuis plusieurs années déjà, l’Inde avait entamé des négociations avec le Japon pour que ce dernier lui fournisse des technologies liées au nucléaire civil. Si, depuis 2011 et l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima, les pourparlers ont momentanément été interrompus, ceux-ci ont repris sous l’impulsion des premiers ministres Narendra Modi et Shinzo Abe, qui se sont rencontrés au début du mois de septembre à Tokyo.

Aux enjeux proprement économiques, s’ajoutent des considérations géopolitiques : “Les Japonais sont très partagés, indique Jeffrey Kingston, professeur à l’Université Temple à Tokyo. D’un côté, ils mesurent les potentialités de l’énorme marché nucléaire indien pour l’industrie japonaise. De l’autre, ils évaluent les risques de prolifération”.

Si d’un côté, une alliance nippo-indienne permettrait d’offrir un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine dans la région, de l’autre, d’aucuns suspectent le gouvernement indien de vouloir enrichir de l’uranium à des fins militaires. La rencontre au sommet aura permis au Premier ministre japonais d’obtenir des garanties de son homologue indien.

“Le monde sait que le 21e siècle est celui de l’Asie, mais sa forme et sa nature ne sont pas encore bien définies, a déclaré Narendra Modi à l’occasion d’une conférence de presse. Cela dépendra de la façon dont le Japon et l’Inde travailleront ensemble”. L’accord prévoit de nombreux débouchés pour les quelque 10.000 entreprises du secteur nucléaire japonais et notamment pour les géants Toshiba et Hitachi, pénalisés par l’arrêt des réacteurs nucléaires dans l’archipel nippon.

Quant à l’Australie, elle devrait également jouer un rôle important dans le développement du nucléaire civil en Inde puisque, vendredi 5 septembre les deux pays ont signé un accord permettant la vente d’uranium. L’Australie dispose en effet d’un tiers des ressources exploitables d’uranium dans le monde.

Rédigé par : Fabien Maout

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