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Bulgarie : la centrale nucléaire de Kozlodouï

centrale_nucleaire_bulgarie_photo_IAEA ImagebankSelon les déclarations faites samedi 23 novembre par Dragomir Stoïnev, ministre bulgare de l’Economie et de l’Energie, la construction d’un nouveau réacteur nucléaire à la centrale de Kozlodouï serait actuellement envisagée par le gouvernement. La Bulgarie ferait pour cela appel à la société Westinghouse, filiale américaine du japonais Toshiba.

La centrale de Kozlodouï compte actuellement deux réacteurs, de 1.000 MW chacun, en fonctionnement. Malgré le fait qu’elle soit la seule installation nucléaire du pays, le centrale représentait à elle seule, en 2012, une part de 32,1% dans le mix électrique de la Bulgarie. Une production énergétique majoritairement couverte par les énergies fossiles (58,7%) alors que les sources renouvelables se partagent une part de 9,2%.

[stextbox id=”info”]Construction en série, période ex-URSS[/stextbox]

Située dans la ville du même nom, sur les rives du Danube à la frontière de la Roumanie, la centrale nucléaire de Kozlodouï est la seule installation atomique de la Bulgarie. Le projet de sa construction a pour cadre la signature, en juillet 1966, d’un accord nucléaire entre la Bulgarie et l’ex Union Soviétique. Les premiers coups de pelleteuses seront donnés quelques années plus tard, en avril 1970.

Cette centrale a été conçue par l’ex-URSS, qui a fourni l’ensemble des réacteurs nucléaires (des réacteurs à eau pressurisée VVER), avec le support technique de la République Démocratique Allemande, de la Tchécoslovaquie et de la Hongrie. Son ouverture officielle est fêtée le 4 septembre 1974.

Sa mise en service s’est effectuée en 3 étapes. La première voit le lancement des unités 1 et 2, des VVER de 440 MW, intervenir respectivement en 1974 et en 1975. A partir de 1973, la construction des deux nouvelles unités (également des VVER-440) débute. Elles seront opérationnelles en 1980 et en 1982. Enfin, la troisième et dernière étape à date est entamée au début des années 80, quand la Bulgarie décide de rajouter deux nouveau réacteurs VVER de 1.000 MW chacun. Ces deux derniers entameront leur production en 1987 et en 1991.

[stextbox id=”info”]Fermeture en série, période UE[/stextbox]

Au début des années 2000, à la suite d’une fuite radioactive qui contamine deux employés du site, les autorités bulgares attribuent à la centrale de Kozlodouï une “tendance inquiétante à la dégradation de la sécurité”. Se servant de la demande d’adhésion de la Bulgarie à l’UE, la Commission Européenne fait pression auprès du gouvernement et exige la fermeture et le déclassement des unités 1 et 2. Chose qui sera faite en 2002.

Invoquant les même raisons (se conformer à certains régimes internationaux en matière de sécurité nucléaire), les réacteurs 3 et 4 seront également fermés, le 31 décembre 2006, quelques heures avant l’entrée de la Bulgarie dans l’UE. Une décision surprenante en raison des améliorations techniques apportées à la sécurité des deux unités et de rapports positifs dont elles bénéficiaient.

Afin de compenser la fermeture de ces quatre réacteurs (qui permettaient au nucléaire de couvrir une part de 44% des besoins en électricités du pays), l’UE dédommage la Bulgarie à hauteur de 210 millions d’euros.

Aujourd’hui, le gouvernement bulgare souhaite réduire sa dépendance énergétique à la Russie et envisage pour cela de recourir à l’énergie nucléaire. Si le projet de construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Béléné a été abandonné en janvier 2013, le gouvernement envisage désormais la construction d’un réacteur supplémentaire à Kozlodouï, un AP 1000 de Westinghouse (1.000 MW). Si le projet venait à être confirmé, les travaux de construction pourraient débuter dès 2016.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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