Loos-en-Gohelle : la transition énergétique d’une ancienne ville minière

Loos-en-Gohelle : la transition énergétique d’une ancienne ville minière

Loos-en-Gohelle-panneaux-solaires

A seulement quelques kilomètres de la grande ville de Lens, rien ne prédestinait la petite commune de Loos-en-Gohelle à devenir une championne de la transition énergétique. Accolée aux deux plus hauts terrils d’Europe, ruinée par la fin de l’industrie minière, la ville a vu ses emplois et ses habitants la quitter au fil des décennies. Mais plutôt que de céder au fatalisme, la petite commune à décider de se lancer, il y a déjà vingt ans, dans sa propre révolution industrielle en amorçant sa transition énergétique. Aujourd’hui, non seulement Loos-en-Gohelle est devenue une ville verte, mais elle rayonne au niveau régional comme l’un fleurons de la transition énergétique du Nord au point d’être devenue une véritable ville-laboratoire.

Du charbon roi aux énergies vertes

Depuis la fin de l’industrie minière, Loos-en-Gohelle avait complètement changé de visage : perte d’emplois, dégradation générale des infrastructures et manque de dynamisme. A priori, ce n’était pas le terreau idéal pour devenir l’un des principaux acteurs régionaux de la transition énergétique. Sauf que c’est justement cette expérience de l’abandon du charbon qui a motivé les élus locaux à s’engager en faveur des énergies renouvelables. Comme Philippe Vasseur, le président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Nord-Pas-de-Calais le confiait au journal Le Monde en 2015 : « Nous sommes les mieux placés pour comprendre que les ressources fossiles ne sont pas éternelles. »

Le passé minier de Loos-en-Gohelle est particulièrement marqué au niveau des maisons. Construites à l’époque des mines, ces maisons étaient toutes chauffées au charbon. Un charbon qui, à l’époque des mines, était gratuit pour les familles. Mais depuis la fermeture des mines, les problèmes de performance énergétique et de coût sont apparus à toutes les familles de la commune : le chauffage au charbon coûte très cher et le manque d’isolation des habitations gonfle encore la facture finale. Face au problème généralisé, la mairie a décidé d’agir en lançant un grand plan de rénovation énergétique des habitations.

Un grand plan de rénovation de l’habitat

L’un des tout premiers exemples de réhabilitation énergétique a été le coron Mirabeau, l’un des quartiers emblématiques de la commune. Les maisons ont été entièrement rénovées selon les nouvelles normes énergétiques : panneaux solaires, chaudières, ballons d’eau chaude thermo-solaires, radiateurs, isolation. Pour les habitants, la différence est flagrante : il leur fallait débourser 120 euros par mois pour le chauffage au charbon ; ils payent désormais 55 euros par mois grâce aux travaux effectués.

Même chose dans la cité des Castors. Les habitations, toutes mitoyennes, sont sorties de terre au début des années 1950. A l’époque, les habitants du quartier s’étaient rassemblés sur un modèle collaboratif pour bâtir ensemble leurs habitations. Mais les matériaux étaient de mauvaise qualité et le manque d’isolation a rendu les maisons très énergivores. La mairie a mis en place un plan de rénovation énergétique sur le même modèle que le coron Mirabeau.

Une église solaire à Loos-en-Gohelle !

Mais malgré ces grands travaux, le chantier le plus emblématique de la ville est sans conteste son église équipée de panneaux solaires. En 2013, le toit de l’église Saint-Vaast devait faire l’objet d’une rénovation ; la mairie en a profité pour faire quelques modifications en installant 234 m2 de panneaux solaires. Deux pans de l’église ont été équipés de cellules photovoltaïques de technologie silicium polycristallin. Les panneaux, très performants, produisent 38 000 kWh par an, ce qui équivaut à la consommation annuelle moyenne de 12 foyers. Ils sont également assez discrets pour s’intégrer au bâtiment sans dénaturer le paysage. Un double argument qui a séduit le conseil municipal, d’autant que l’électricité est revendue à Enercoop ce qui assure 4 000 euros de revenus annuels.

L’innovation au cœur de la transition énergétique

La commune s’est aussi dotée d’une plateforme solaire pédagogique. Installée au pied d’un terril, au sud de la commune, cette plateforme originale vise à servir de support pour des projets de recherche en lien avec le développement des énergies alternatives. Le projet a été cofinancé par la commune et l’association LumiWatt afin de mettre en place un pôle d’innovation ouvert à différentes entreprises. Cette véritable pépinière solaire se compose de 22 lots de 3 kW qui permettent actuellement de tester dix technologies différentes de cellules photovoltaïques. La performance, la résistance mais aussi l’adaptation aux terrains font l’objet d’expériences pour mettre au point les panneaux solaires de demain.

Rédigé par : La Rédaction

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