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Baisse des émissions de gaz à effet de serre : où en sommes-nous ?

Gaz à effet de serre

Vendredi 18 novembre s’est achevée à Marrakech la 22ème conférence de l’ONU sur le climat. Après l’accord de Paris, la COP22 a permis aux pays participants de revenir sur la stratégie à adopter afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de revoir, pour certains, leurs ambitions à la hausse.

Les émissions stagnent depuis trois ans

Après deux semaines de discussion, ce qu’il faudra certainement retenir de la COP22 reste la détermination des 190 pays présents à confirmer leur engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique et à accélérer leur travail sur de nombreux sujets, en particulier les émissions de gaz à effet de serre.

« Paris devait concevoir la machine et Marrakech se retrousser les manches et mettre les mains dans le cambouis ».

Si l’élection du climatosceptique Donald Trump a jeté un vent d’incertitudes sur les négociations, les délégations réunies au Maroc ont fait en sorte de relever le défi lancé lors de la COP21: définir les stratégies nécessaires à la concrétisation de l’accord de Paris. « Paris devait concevoir la machine et Marrakech se retrousser les manches et mettre les mains dans le cambouis », explique Cassie Flynn, conseillère changement climatique au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Sans surprise, la gestion des émissions carbones, principale cause du réchauffement climatique, a monopolisé les débats. Là où l’accord de Paris table sur une décarbonisation globale de la planète pour la deuxième moitié du siècle, certains pays souhaitent désormais atteindre cet objectif avant même 2050.

Ouverture de la COP 22 (de gauche à droite): Hoesung Lee, Patricia Espinosa, Salaheddine Mezouar (Président de la COP 22 et Ségolène Royal
Ouverture de la COP 22 (de gauche à droite): Hoesung Lee, Patricia Espinosa, Salaheddine Mezouar (Président de la COP 22) et Ségolène Royal

C’est notamment le cas de la France qui a profité de la COP22 pour annoncer la création d’une alliance non contraignante avec le Maroc et d’autres pays pour mener une série d’actions qui devraient permettre de parvenir rapidement à une neutralité totale des émissions carbones. Baptisée « 2050 pathways platform« , cette initiative rassemble déjà 22 pays, 15 villes, 17 régions et près de 200 entreprises.

Durant la COP21, l’objectif de maintenir le seuil d’augmentation de la température à 2°C avait été confirmé. Pour y parvenir, les émissions devraient normalement diminuer de 0,9 % en moyenne chaque année et cela jusqu’en 2030, comme le rappelle le Global Carbon Project dans son dernier bilan annuel. Cette étude, réalisée par des scientifiques du monde entier ne fait pas encore état d’une telle baisse mais indique que les émissions de gaz à effet de serre sont en phase de stagnation depuis trois ans déjà. Aucune croissance des GES n’a été relevée en 2015 et les experts anticipent une augmentation d’à peine 0,2% sur 2016. Rien à voir donc avec les 2,3 points d’augmentation annuelle de la dernière décennie mais une baisse générale spectaculaire n’est pas à prévoir dans l’immédiat.

Aucune croissance des GES n’a été relevée en 2015 et les experts anticipent une augmentation d’à peine 0,2% sur 2016.

Cependant, certains indicateurs laissent entrevoir d’importants progrès à venir, notamment concernant les émissions de GES générées par les plus gros pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis. En concentrant 28 % des émissions totales de gaz à effet de serre, l’Empire du milieu voit sa stratégie anti carbone scrutée à la loupe. Une stratégie qui commence à porter ses fruits puisqu’en 2015, les émissions de GES du pays ont chuté de 0,7 % quand elles augmentaient généralement de 5% en moyenne les années précédentes. L’année dernière a également vu le bilan carbone des Etats-Unis s’alléger avec une baisse de 2,6 % des émissions de GES. Le rapport du Global Carbon Project indique que le pays, responsable de 15 % des émissions mondiales, pourrait dupliquer l’exercice en 2016 et prévoit une nouvelle réduction qui pourrait avoisiner cette fois-ci les -1,7%.

Quant à l’Union Européenne, malgré une légère augmentation en 2015, elle devrait être capable de remplir les objectifs fixés pour 2020 concernant ses émissions carbones selon l’Agence européenne pour l’environnement. Sur les 28 Etats membres, 23 affirment en effet être en mesure d’honorer les engagements pris lors de la COP21.

Priorité à la mobilité durable

Les ambitions sont élevées pour se mettre à la hauteur de l’urgence environnementale à laquelle notre planète doit faire face. Si les 190 pays participants à la COP22 font preuve de bonne volonté, il faut désormais pouvoir mettre en place ce qui a été décidé lors de l’accord de Paris. Pour ce faire, l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique doit considérer la question de la mobilité durable avec attention et en faire une priorité.

Les transports représentent 28 % des émissions de gaz à effet de serre en France, souligne Guillaume Pépy, patron de la SNCF, dans une tribune publiée il y a quelques jours sur le site du groupe ferroviaire français. Les émissions de GES ont en effet augmenté de 9 % entre 1990 et 2012 en France et de 14 % à l’échelle mondiale dans ce secteur, ce qui en fait un levier potentiel majeur de réduction des émissions de GES au niveau mondial.

En juillet dernier, la Commission européenne a dévoilé sa stratégie pour disposer d’une meilleure mobilité bas carbone. Dans ce document, elle fait notamment part de son intention de mettre au point de nouvelles normes applicables aux voitures et aux camionnettes après 2020. Elle prévoit également la mise en place d’une nouvelle législation relative aux véhicules propres et à l’étiquetage des véhicules. L’institution souhaite aussi revoir les modalités de mesure et de vérification des émissions, une initiative qui fait directement écho au scandale de fraude dont a fait l’objet la société Volkswagen.

La SNCF investit dans Hyperloop, le train du futur développé par Elon Musk
La SNCF investit dans Hyperloop, le train du futur développé par Elon Musk

La montée en puissance du véhicule électrique est aussi un point d’évolution crucial vers une mobilité zéro carbone. Pour booster ce marché qui intéresse de plus en plus de Français, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures, notamment une prime à la conversion qui permet de gagner jusqu’à 10 000 euros sur l’achat d’une voiture électrique et hybride. La loi de transition énergétique, promulguée en août 2015, prévoit quant à elle l’installation d’au moins 7 millions de points de charge à travers le pays, un engagement que la France ne peut négliger si elle souhaite garantir le développement d’une mobilité durable et responsable essentielle à la réussite de son programme environnemental. Dans sa tribune, Guillaume Pepy ne manque pas d’évoquer les moyens qui permettront à la SNCF d’atteindre ses objectifs de réduction de GES, soit 20 % au moins à l’horizon 2025 : « le TGV du futur (-25 % d’émissions), l’éco-conduite, des bâtiments et des gares plus sobres ».

Les nouvelles technologies sont également au cœur de la stratégie adoptée par la SNCF pour gagner en efficacité énergétique et décarboner son activité. Des nouvelles technologies qui font aujourd’hui partie intégrante de l’ensemble de la politique énergétique et environnementale de la France et du reste du monde.

Smart grids, systèmes domotiques, bâtiments à énergie positive, nouvelles solutions de production d’énergie propre, le monde tel que nous le connaissons se reconstruit en plaçant la connectivité au cœur de son évolution.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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