L’Allemagne continue de progresser dans sa transition énergétique avec une part croissante d’électricité issue des énergies renouvelables. Si l’année 2024 marque une hausse significative de cette production, le modèle allemand n’en reste pas moins confronté à des défis de taille. Voici les chiffres de l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur).
Une production à 59 % issue des énergies renouvelables
En 2024, l’Allemagne a enregistré une progression de 3 % de la part des énergies renouvelables dans son mix électrique, atteignant 59 % de la production totale. Toutefois, la production globale d’électricité a reculé de 4,2 %, passant de 450,5 TWh en 2023 à 431,7 TWh en 2024. Sur ce total, 254,7 TWh ont été produits à partir de sources renouvelables.
Ce résultat confirme l’engagement de l’Allemagne dans sa transition énergétique amorcée depuis plusieurs années. Cependant, cette avancée masque un problème persistant : maintenir une stabilité énergétique continue dans un système fortement dépendant de l’éolien et du solaire, deux sources réputées être les plus à risque d’intermittence :
- L’éolien terrestre, qui reste la première source d’énergie renouvelable de l’Allemagne, avec 111,9 TWh produits (ce qui représente 26 % du mix électrique allemand).
- Le solaire, dont la production a atteint 63,3 TWh (14,7 %).
Le défi d’un mix électrique peu diversifié
Le principal enjeu auquel doit faire face l’Allemagne reste l’intermittence de ses sources de production d’énergies renouvelables. L’éolien et le solaire, bien que très présents dans le mix énergétique, ne peuvent pas garantir une production continue. Lorsque le vent faiblit ou que le soleil se fait rare, le réseau doit compenser ces variations par d’autres moyens, notamment en ayant recours à des centrales à gaz.
En 2024, cette dépendance aux importations d’électricité a conduit à une augmentation de 23 % des volumes importés (67 TWh). Parallèlement, les exportations de l’Allemagne ont chuté de 10 %. Pour compenser ces fluctuations, l’Allemagne n’a eu d’autre choix que de se tourner, à défaut du charbon, vers le gaz naturel : sa production qui en est issue a augmenté de 8,6 % en 2024, contribuant ainsi à hauteur de 56,9 TWh de sa production électrique en 2024.
Le contre-modèle portugais
À l’échelle européenne, le Portugal offre un contre-modèle intéressant. En 2024, ce pays a atteint un record de 71 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables, soit 36,7 térawattheures (TWh), avec une hausse de 37 % pour le photovoltaïque par rapport à 2023 ! Contrairement à l’Allemagne, où l’éolien et le solaire dominent, le Portugal bénéficie d’une répartition plus équilibrée de son mix énergétique : avec une part significative d’hydroélectricité (28 %), 27 % d’éolien et 10 % de solaire, le pays parvient à lisser les variations inhérentes aux énergies intermittentes. À cela s’ajoute une contribution de 6 % de la biomasse.
Cette diversification permet au Portugal de mieux gérer l’intermittence des énergies renouvelables et de limiter son recours aux énergies fossiles. En effet, la part des énergies fossiles dans la consommation électrique portugaise ne représente que 10 %, contre plus de 40 % en Allemagne.
Comparaison mix électrique (production) en 2024
| Source | Allemagne (%) | Portugal (%) |
|---|---|---|
| Énergies renouvelables | 59 | 71 |
| Éolien | 26 | 27 |
| Solaire | 15 | 10 |
| Hydroélectricité | 0,5 | 28 |
| Biomasse | 3 | 6 |
| Gaz naturel | 13 | 10 |
| Charbon | 16 | 0 |
| Nucléaire | 0 % | 0 % |
Preuve que la diversification des sources de production d’origine renouvelables joue un rôle clé dans la réussite de la transition énergétique.





