Gaz naturel liquéfié : une bombe écologique à retardement, s’inquiètent les associations

Les investissements autour du gaz naturel liquéfié inquiètes les associations de défense de l’environnement. Elles craignent une pérennité de l’utilisation de cette énergie fossile.

Publié le
Lecture : 2 min
gaz-naturel-liquefie-investissement-environnement
Gaz naturel liquéfié : une bombe écologique à retardement, s’inquiètent les associations © L'EnerGeek

Les associations de défense de l’environnement s’inquiètent des nombreux projets autour du gaz naturel liquéfié (GNL). En pleine guerre en Ukraine, l’Europe tend à investir massivement dans cette énergie, pourtant non renouvelable.


L’Europe investit massivement dans le gaz naturel liquéfié


Le gaz naturel liquéfié (GNL) suscite des controverses grandissantes parmi les défenseurs de l’environnement. Ces derniers le qualifient de « bombe climatique » imminente. Selon un rapport alarmant de Reclaim Finance, la prolifération des terminaux d’exportation de GNL menace les objectifs climatiques mondiaux, en partie à cause de l’appui massif des banques et investisseurs internationaux. Une conséquence de la guerre en Ukraine.


Entre 2021 et 2023, 213 milliards de dollars ont été injectés dans des projets d’expansion de GNL, bien que ces initiatives soient incompatibles avec les engagements de neutralité carbone pris par de nombreuses institutions financières.


Les plans actuels prévoient le développement de 156 nouveaux terminaux de GNL à travers le monde d’ici 2030. Parmi ces projets, 63 terminaux d’exportation pourraient à eux seuls émettre l’équivalent des émissions annuelles des centrales à charbon mondiales. Les émissions cumulées dépasseraient 10 gigatonnes de gaz à effet de serre (GES), selon Reclaim Finance. Ces estimations tiennent compte des fuites de méthane, un gaz dont l’impact sur le climat est plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂ sur une période de 20 ans.


Le rôle des banques françaises dans cette catastrophe annoncée


Les banques internationales, et notamment françaises, jouent un rôle clé dans cette expansion. Entre 2021 et 2023, des institutions comme le Crédit Agricole, Société Générale, BNP Paribas et Banque Populaire Caisse d’Épargne (BPCE) ont injecté plus de 14 milliards de dollars dans le développement du GNL.


Les investisseurs détiennent une part importante dans l’expansion du GNL, avec 252 milliards de dollars investis dans ce secteur. Pourtant, aucun acteur financier ne dispose de politiques spécifiques visant à limiter leur soutien au GNL. Cette absence de cadre réglementaire ouvre la voie à une expansion incontrôlée de cette énergie fossile. Mais surtout, une fois la guerre en Ukraine achevée, quid des infrastructures ? Les organisations craignent une pérennité dans l’utilisation du GNL alors que ce dernier est incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.