Turquie : un plan énergétique de 500 milliards de dollars pour électrifier le pays d’ici 2040

La Turquie présente un plan énergétique de 500 milliards de dollars à l’horizon 2040, avec 175 GW de solaire et d’éolien visés. Réseaux, financement et calendrier restent décisifs.

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Turquie : un plan énergétique de 500 milliards de dollars pour électrifier le pays d’ici 2040 © L'EnerGeek

La Turquie a présenté le 5 novembre 2026 sa feuille de route « Milli Enerji 2040 », qui chiffre à 500 milliards de dollars les investissements énergétiques envisagés d’ici 2040. Le gouvernement veut accélérer l’électrification des transports et de l’industrie, développer les énergies renouvelables et renforcer les réseaux, sans annoncer pour autant une sortie rapide des combustibles fossiles.

Une consommation électrique appelée à presque doubler

Lors d’une présentation à Istanbul, le ministre de l’Énergie Alparslan Bayraktar a fixé un objectif de demande électrique de 680 térawattheures en 2040, contre environ 365 TWh en 2025. Les voitures électriques, les centres de données, les pompes à chaleur et la production d’hydrogène par électrolyse figurent parmi les moteurs attendus de cette croissance, selon le ministère turc de l’Énergie et le compte rendu détaillé de l’présentation ministérielle par Anadolu.

La part de l’électricité dans les usages énergétiques du pays devrait atteindre 36 % à cet horizon, si les objectifs sectoriels sont réalisés. Il s’agit de projections et d’ambitions gouvernementales, non de capacités déjà financées ou mises en service. Le ministre a également évoqué une réduction de la dépendance énergétique extérieure sous le seuil de 50 % dès 2030.

175 gigawatts de solaire et d’éolien visés

Ankara ambitionne de porter la puissance électrique installée totale de 123 gigawatts en 2025 à 281 gigawatts en 2040. À l’intérieur de ce total, les capacités solaires et éoliennes atteindraient 175 gigawatts, avec environ 100 milliards de dollars d’investissements envisagés. Le gouvernement mentionne notamment 6 gigawatts d’éolien en mer et de nouveaux appels d’offres, ainsi que la modernisation de parcs existants.

La part des renouvelables dans la puissance installée passerait, selon le plan, de 63 % à 77 %. Cette proportion porte sur la capacité de production, pas sur la quantité d’électricité effectivement produite : les facteurs de charge des différentes technologies varient. La trajectoire reste donc tributaire du calendrier des chantiers, du raccordement des installations et des moyens de flexibilité disponibles.

Les réseaux et le financement au centre du défi

L’augmentation de la production ne suffira pas si les lignes et les postes électriques ne suivent pas. Le gouvernement prévoit notamment de renforcer les infrastructures de transport et de distribution, indispensables pour accueillir de nouvelles centrales et répondre à la consommation des véhicules et des centres de données. Selon les éléments rapportés par Reuters le 5 novembre, plus de 330 milliards de dollars de l’enveloppe globale sont associés à l’électrification.

La question du financement reste majeure. Une annonce de besoins d’investissement ne vaut ni engagement budgétaire intégral ni décision définitive de construction. Les arbitrages entre entreprises publiques, capitaux privés, régulation et tarifs devront être précisés. Le gouvernement prévoit par ailleurs de poursuivre des investissements dans le nucléaire, le gaz et les ressources nationales, ce qui souligne le caractère mixte de sa stratégie.

Un signal industriel à la veille de la COP31

La présentation intervient avant la conférence climatique COP31 organisée à Antalya du 9 au 20 novembre. Pour les industriels européens, dont les équipementiers français présents sur les marchés de l’électricité, cette trajectoire désigne des besoins potentiels en turbines, câbles, transformateurs, logiciels de gestion et stockage. Elle ne constitue toutefois pas l’annonce de contrats attribués à des entreprises françaises.

Le principal indicateur à suivre sera désormais la traduction de ces objectifs en appels d’offres, financements, autorisations et mises en service. La réussite du programme dépendra autant de l’extension des réseaux que des nouvelles capacités de production.

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