La centrale de géothermie profonde de Safran Aircraft Engines à Villaroche, en Seine-et-Marne, est inscrite à l’agenda officiel du ministère de la Transition écologique pour une inauguration le mercredi 4 novembre 2026 à 10 heures, en présence du ministre délégué Mathieu Lefèvre. Cet événement marque une étape publique du projet industriel porté avec Dalkia et Arverne. À ce stade, l’agenda ne permet pas, à lui seul, de confirmer la date de démarrage effectif de l’exploitation ni les performances réalisées.
Une chaleur puisée dans l’aquifère du Dogger
Le dispositif repose sur deux forages profonds destinés à capter puis réinjecter l’eau d’un aquifère situé à environ 1 650 mètres, où sa température avoisine 75 °C. La chaleur récupérée doit être valorisée par des pompes à chaleur et un réseau modernisé pour alimenter le site aéronautique. Safran détaillait en février l’avancement du forage et une mise en service visée à l’automne 2026.
Le groupe présente cette installation comme la première centrale de géothermie profonde destinée à un site industriel en Île-de-France. Le projet associe Safran Aircraft Engines, l’exploitant énergétique Dalkia, filiale d’EDF, et Arverne pour les travaux de forage.
Un objectif de réduction du gaz, pas encore un bilan d’exploitation
Selon les données prévisionnelles communiquées par Dalkia, la centrale doit à terme remplacer 84 % des besoins énergétiques actuellement couverts par le gaz sur le site. Les partenaires estiment que l’opération pourrait éviter près de 6 500 tonnes de CO₂ par an. Ces valeurs sont des objectifs de projet, et non des économies déjà constatées.
La géothermie offre aux industriels un approvisionnement thermique local dont le coût est moins directement exposé aux fluctuations des combustibles fossiles. Son déploiement suppose néanmoins des investissements lourds, des forages adaptés à la ressource souterraine et une demande de chaleur suffisamment régulière. À Villaroche, le passage des prévisions aux résultats dépendra du fonctionnement de l’installation et de la mesure des consommations réellement substituées.
Le chantier s’inscrit dans la trajectoire de Safran visant à réduire de moitié les émissions de CO₂ de ses opérations d’ici 2030 par rapport à 2018. L’inauguration prévue le 4 novembre constitue un jalon visible ; les premiers bilans d’exploitation permettront de mesurer la contribution effective de cette centrale à cet objectif.






