Le Ghana veut franchir une nouvelle étape dans son programme nucléaire civil. Samedi 31 octobre 2026, son ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé que la Russie avait accepté de travailler avec Accra au développement d’une centrale d’une puissance de 2 000 mégawatts (MW), à la suite des discussions menées au sommet Russie-Afrique à Moscou. L’information a été rapportée par Reuters, qui cite une déclaration du ministre publiée sur X.
Pour le gouvernement ghanéen, cette perspective répond à deux priorités : renforcer la sécurité de l’approvisionnement électrique et disposer d’une énergie pilotable pour accompagner l’industrialisation. La puissance de 2 000 MW correspond à la capacité envisagée du projet, et non à une installation déjà commandée ou en construction.
Une coopération annoncée, plusieurs décisions encore attendues
L’annonce du 31 octobre précise l’échelle du projet et le partenaire envisagé. Elle ne fournit toutefois ni calendrier de chantier, ni montant d’investissement, ni schéma de financement, ni localisation définitive. Le nombre et le modèle des réacteurs n’ont pas davantage été détaillés. Ces paramètres seront déterminants pour apprécier la faisabilité industrielle et économique de la centrale.
La déclaration ghanéenne intervient au lendemain d’une intervention du directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchev. Le 30 octobre, le dirigeant du groupe nucléaire public russe avait confirmé des discussions sur des centrales de grande puissance avec quatre pays africains : le Ghana, l’Ouganda, l’Éthiopie et l’Égypte.
Le Ghana prépare depuis plusieurs années son entrée dans le nucléaire
Accra ne part pas de zéro. En février 2026, l’organisme Nuclear Power Ghana a présenté au ministère ghanéen des Affaires étrangères l’avancement de ses travaux sur le choix des technologies, l’évaluation des sites, les compétences, la réglementation et le raccordement au réseau. Le compte rendu officiel évoquait aussi la possibilité, à terme, d’exporter de l’électricité vers les pays voisins dans le cadre du marché régional ouest-africain.
Le choix du fournisseur a longtemps fait l’objet d’une concurrence internationale. En 2024, Reuters citait notamment EDF, Rosatom, plusieurs entreprises chinoises, sud-coréennes et américaines parmi les candidats au premier programme nucléaire ghanéen. Cette référence historique souligne l’enjeu industriel pour les grands constructeurs, mais ne renseigne pas sur les conditions d’attribution du projet annoncé en octobre 2026.
La Russie renforce son offre nucléaire sur le continent
Rosatom mène plusieurs démarches en parallèle. Outre les projets de centrales terrestres de grande capacité, le groupe promeut des installations nucléaires flottantes auprès de pays côtiers. Ces deux offres répondent à des besoins différents et ne doivent pas être confondues avec la centrale de 2 000 MW évoquée par Accra.
Le principal chantier russe de référence en Afrique demeure la centrale égyptienne d’El-Dabaa, constituée de quatre réacteurs de 1 200 MW. Le Ghana, de son côté, devra encore transformer l’engagement de coopération annoncé à Moscou en décisions industrielles, financières et réglementaires. Le dimensionnement du réseau, les exigences de sûreté et la formation des équipes nationales feront partie des conditions essentielles à la réalisation du projet.






