La Commission de régulation de l’énergie (CRE) et l’Energy Market Authority (EMA), autorité singapourienne de régulation de l’énergie, ont signé un protocole d’accord destiné à renforcer leurs échanges sur les marchés de l’électricité et du gaz. L’annonce publiée par la CRE le 27 octobre 2026 précise que la coopération portera notamment sur les interconnexions électriques régionales et les technologies énergétiques bas-carbone.
Signé à l’occasion de la Singapore International Energy Week, cet accord rapproche deux régulateurs confrontés à des organisations de marché différentes. La CRE intervient dans un système électrique européen déjà interconnecté ; Singapour cherche à développer les échanges d’électricité avec les pays voisins d’Asie du Sud-Est. L’objectif affiché est le partage d’expertise réglementaire, plutôt que le lancement d’un chantier commun.
Les interconnexions et les règles de marché au cœur des échanges
Le protocole prévoit un travail sur la régulation des marchés de gros et de détail de l’électricité et du gaz. L’EMA pourra notamment s’appuyer sur l’expérience française en matière d’interconnexions transfrontalières et de participation au marché intégré européen de l’électricité. En retour, les échanges permettront à la CRE de mieux connaître les dispositifs développés dans le secteur énergétique singapourien.
Les modalités annoncées sont concrètes mais institutionnelles : partage de connaissances, formations, visites d’étude, ateliers, séminaires et dialogues entre responsables. Les deux autorités entendent également coopérer dans les enceintes régionales et internationales, dont l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Aucune enveloppe budgétaire, nouvelle liaison électrique ou échéance de mise en service n’est associée à ce protocole dans la communication de la CRE.
Singapour développe ses échanges d’électricité avec ses voisins
Cette coopération intervient dans un contexte de multiplication des projets de commerce transfrontalier d’électricité en Asie du Sud-Est. Le 26 octobre, le groupe énergétique Petronas a annoncé une approbation conditionnelle délivrée par l’EMA à un projet distinct de corridor électrique reliant le Vietnam, la Malaisie et Singapour. Celui-ci vise jusqu’à 1,3 gigawatt d’importations d’électricité renouvelable, avec un démarrage envisagé en 2035.
Cette approbation reste subordonnée à d’autres autorisations et aux étapes de développement du projet. Elle illustre néanmoins les questions de coordination entre pays, de règles d’accès au réseau et d’organisation des marchés auxquelles le régulateur singapourien doit répondre. Le protocole signé avec la CRE concerne les échanges d’expertise sur ces enjeux ; il ne constitue ni une participation française au corridor ni une autorisation de financement.
Une coopération technique sans harmonisation automatique des règles
Pour les acteurs de l’énergie, l’intérêt du rapprochement réside dans la circulation des méthodes de régulation : traitement des interconnexions, fonctionnement des marchés et intégration des solutions bas-carbone. La CRE et l’EMA annoncent des échanges de pratiques et des travaux communs, mais chaque autorité conserve ses compétences dans son propre cadre juridique.
La CRE inscrit ce partenariat dans le prolongement du partenariat stratégique global conclu entre la France et Singapour en 2025. Les premières suites identifiables seront les formations, visites et discussions techniques prévues par les deux régulateurs, dont aucun calendrier détaillé n’a encore été rendu public.






