Le 13 octobre 2026, les Houthis ont frappé le siège d’Aramco à Dhahran peu après que la coalition saoudienne a bombardé des sites pétroliers à Sanaa. Cette nouvelle flambée de violence, la plus intense depuis 2015, menace la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux. Pour les Européens, la conséquence est claire : les prix à la pompe et les factures de chauffage grimperont dans les semaines à venir.
Les Houthis ciblent les infrastructures pétrolières saoudiennes
La coalition saoudienne a ordonné l’évacuation de la station al-Sabah de la Yemen Petroleum Company avant de frapper à Sanaa, Ras Isa et Hodeidah. En réponse, les Houthis ont attaqué un bâtiment d’Aramco à Dhahran, causant un incendie symboliquement marquant. Aramco, géant pétrolier produisant plus de 12 millions de barils par jour, est crucial pour l’économie saoudienne. Selon Al Jazeera, des missiles ont aussi été lancés vers Riyadh, deux étant interceptés, causant quatre blessés et endommageant quinze habitations.
Yahya Saree, porte-parole militaire des Houthis, a averti que Riyadh subirait des représailles sévères pour toute attaque contre Sanaa. Cette déclaration suit l’attaque du 11 octobre contre l’aéroport du roi Khaled, ayant fait treize morts et des centaines de blessés.
Les Houthis, contrôlant depuis septembre 2026 le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, perturbent l’exportation de pétrole saoudien vers l’Europe et l’Asie. Des compagnies aériennes comme Air France-KLM et Lufthansa ont suspendu leurs vols vers l’Arabie saoudite, compliquant la logistique pétrolière. Les infrastructures de raffinage saoudiennes, dans la province orientale, restent vulnérables, comme le montre un témoin à Riyadh décrivant une récente explosion.
Impact immédiat sur les marchés mondiaux
Les marchés pétroliers restent nerveux. Les cours du Brent et du WTI se stabilisent à court terme, mais les stocks s’amenuisent rapidement. Le FMI prévoit une contraction de 3,3% du PIB saoudien pour 2026, soit cinq points de moins qu’en juillet. Kristalina Georgieva, directrice générale, signale des retombées négatives potentielles « partout ».
Les traders incluent désormais une prime de risque géopolitique dans leurs calculs. Une interruption prolongée de la production saoudienne déséquilibrerait un marché déjà sous pression par la baisse des stocks stratégiques. Courrier International rapporte que la coalition saoudienne poursuit ses opérations militaires, promettant des « conséquences » pour les Houthis, ce qui laisse entrevoir une escalade durable.
L’Europe, qui importe 8% de son pétrole brut d’Arabie saoudite, pourrait subir des ruptures d’approvisionnement si les attaques houthis s’intensifient. Les coûts d’assurance maritime pourraient s’envoler et les routes alternatives, allongeant les délais de livraison, augmenteraient les frais de transport. Parallèlement, le prix du gaz européen est déjà à un sommet, accentuant la vulnérabilité énergétique.
Conséquences pour les consommateurs européens
Les automobilistes seront les premiers touchés. Une hausse de 10 dollars du baril de Brent entraîne généralement une augmentation de 5 à 7 centimes par litre à la pompe en quatre à six semaines. Les prix du gazole pourraient dépasser 1,80 euro le litre en France d’ici fin novembre. Le fioul domestique suivra la même tendance, aggravant les factures de chauffage alors que l’hiver approche.
Les ménages européens, déjà impactés par l’inflation énergétique, ont peu de marges de manœuvre. Les gouvernements pourraient proposer des boucliers tarifaires ou chèques énergie, mais ces mesures se heurtent aux contraintes fiscales. Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge, souligne l’urgence humanitaire au Yémen, avec 200 000 déplacés et 46 civils tués depuis août.
Face à cette instabilité, l’Europe accélère sa transition énergétique, investissant dans les renouvelables, le nucléaire et les biocarburants. Plusieurs États membres réévaluent leurs réserves stratégiques de pétrole. Donald Trump a critiqué le comportement des Houthis et mentionné une possible intervention turque, ajoutant une incertitude diplomatique.
Les consommateurs peuvent réduire leur dépendance aux hydrocarbures en optant pour des véhicules électriques et des pompes à chaleur, mais ces changements nécessitent des investissements initiaux conséquents. À court terme, la sobriété énergétique devient cruciale.






