Le prix du gaz européen de retour au pic de 2022

Le TTF néerlandais, référence du prix du gaz en Europe, a atteint mardi 14 octobre 2026 son plus haut niveau depuis décembre 2022 à 87,43 euros le mégawattheure. La guerre au Moyen-Orient perturbe durablement les flux de GNL en provenance du golfe Persique, alimentant une concurrence féroce entre acheteurs européens et asiatiques alors que les stocks affichent seulement 73,75% de remplissage.

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Le prix du gaz européen de retour au pic de 2022 © L'EnerGeek

Le marché énergétique européen subit une pression accrue. Les flux de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du golfe Persique restent bien en dessous des niveaux d’avant-guerre, exacerbant la rivalité entre acheteurs européens et asiatiques. Ainsi, le TTF néerlandais, indicateur clé du prix du gaz en Europe, a atteint mardi 13 octobre 2026 son plus haut niveau depuis décembre 2022, montant à 87,43 euros le mégawattheure avant de se stabiliser à 86,80 euros, marquant une hausse de 2,91%.

Flux de GNL du golfe Persique : une offre réduite

Le conflit au Moyen-Orient perturbe la production et l’exportation de GNL du Qatar, troisième producteur mondial. Selon les analystes d’ING, l’hiver dans l’hémisphère Nord s’annonce difficile avec peu d’approvisionnements en GNL du golfe Persique. La diminution de l’offre intensifie la concurrence parmi les importateurs, entraînant une flambée des prix spot.

Malgré une légère amélioration des données maritimes, Adam Turnquist de LPL Financial reste prudent. « Les flux sont encore bien en deçà des niveaux d’avant-guerre et un retour complet à la normale est très incertain », observe-t-il. Les méthaniers quittent le golfe Persique avec prudence en raison des tensions régionales, aggravées par des attaques iraniennes croissantes contre les pétroliers. Robert Yawger de Mizuho USA note l’intensification des tensions entre les Houthis et l’Arabie saoudite.

Le Qatar, essentiel à l’approvisionnement européen, est impacté par les conflits régionaux. Les infrastructures d’exportation fonctionnent au ralenti et les compagnies maritimes sont réticentes à opérer dans cette zone à risque. Les attaques menées par la coalition saoudienne au Yémen, suivies de menaces de représailles, compliquent encore la situation. Cette instabilité géopolitique réduit les capacités d’exportation qataries, privant l’Europe d’une source cruciale.

Concurrence entre l’Europe et l’Asie pour le GNL

La réduction de l’offre intensifie la compétition entre l’Europe et l’Asie pour importer du GNL. Les deux régions, grandes consommatrices de gaz, se disputent chaque cargaison disponible. L’approche de l’hiver exacerbe cette situation, la demande européenne croissant avec les besoins en chauffage.

Les enchères pour les cargaisons spot s’intensifient, les acheteurs européens surenchérissant face à l’Asie. Les stocks européens sont à 73,75%, loin des 83% de l’année précédente et des 89% de moyenne sur cinq ans. La situation est encore plus préoccupante en Allemagne, où les réserves ne sont remplies qu’à 59,96%. Les prix du gaz ont progressé de 18% en octobre, reflétant cette tension.

Le TTF néerlandais, hub de référence pour le gaz en Europe, est directement influencé par ces tensions. Chaque nouvelle sur les flux maritimes ou incident géopolitique au Moyen-Orient provoque des fluctuations. Le seuil de 87 euros le mégawattheure est un tournant pour les traders, rappelant la crise énergétique de 2022. Les centrales à gaz répercuteront cette hausse sur les tarifs finaux. Bien que les hydrocarbures russes continuent d’arriver en Europe, ils ne suffisent plus à combler les déficits.

Perspectives incertaines pour un retour à la normale

La question du retour aux niveaux d’approvisionnement d’avant-guerre reste sans réponse. Les analystes évitent de faire des prévisions précises en raison de la volatilité géopolitique. Une vague de froid prévue en Europe la semaine prochaine testera la résilience de l’approvisionnement.

Le retour à la normale dépend des développements au Moyen-Orient. Tant que les tensions persistent, les flux de GNL resteront limités. Les compagnies maritimes demandent des primes de risque élevées pour naviguer dans la région, augmentant ainsi le coût du gaz importé. L’Europe, ayant réduit sa dépendance au gaz russe, dépend maintenant du GNL pour 40% de ses importations. La diversification vers les États-Unis et le Qatar est entravée par les aléas géopolitiques. Les investissements dans l’efficacité énergétique des bâtiments pourraient à moyen terme réduire la pression sur la demande, mais l’hiver 2026-2027 s’annonce difficile. Le baril de Brent à 105,69 dollars et le WTI à 94,14 dollars illustrent un marché énergétique sous tension. L’Europe doit jongler entre sécurité d’approvisionnement et maîtrise des coûts dans un contexte géopolitique incertain.

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