« Je croyais économiser en laissant tourner le chauffage » : un retraité découvre qu’il payait 35% de gaz en trop depuis 8 ans

Chauffage allumé en continu pour économiser : et si c’était tout l’inverse ? Un degré de moins suffit à faire chuter votre facture de 7 %. La vraie stratégie dépend de votre installation, découvrez laquelle.

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« Je croyais économiser en laissant tourner le chauffage » : un retraité découvre qu'il payait 35% de gaz en trop depuis 8 ans
« Je croyais économiser en laissant tourner le chauffage » : un retraité découvre qu’il payait 35% de gaz en trop depuis 8 ans © L'EnerGeek

Après les vagues de chaleur qui ont marqué l’été 2026, le froid était annoncé pour revenir dans les semaines suivantes. De quoi inquiéter les ménages, qui redoutent de voir les factures de gaz de l’hiver s’ajouter à celles d’électricité de l’été.

Face à cette crainte, chauffagistes et experts en énergie démontent une idée largement répandue : laisser le chauffage tourner en continu, même à basse température, ne serait pas la meilleure façon de réduire sa facture.

Laisser le chauffage allumé en continu ne fait pas d’économies

L’idée a longtemps circulé : chauffer en permanence à basse température coûterait moins cher que d’allumer le système seulement quand on en a besoin. Ryan Willdig, expert en énergie chez Heatforce, la juge fausse. « On a beaucoup véhiculé de fausses informations […], laissant entendre qu’il était bien plus économique de laisser le chauffage allumé à basse température toute la journée que de ne l’utiliser que lorsque c’est nécessaire. En réalité, il est bien plus efficace et économique de n’utiliser le chauffage que lorsque c’est requis », a-t-il confié dans un entretien à WalesOnline.

Gav Murray, directeur du chauffage chez Hive, abonde dans ce sens : « Il n’est pas nécessaire de laisser le chauffage allumé en permanence à basse température. » L’organisme britannique Energy Savings Trust confirme ce constat pour les chaudières classiques : « Si vous avez une chaudière, la réponse est non : laisser le chauffage allumé en permanence consomme plus d’énergie et vous coûte plus cher. »

Le CENEAM, le centre espagnol d’éducation environnementale qui dépend du ministère de la Transition écologique, arrive à la même conclusion par un autre raisonnement. Sa fiche consacrée aux économies de chauffage explique qu’éteindre le système la nuit ou en cas d’absence consomme moins que de le laisser tourner en continu, même à basse température, car l’installation doit sans cesse compenser les pertes de chaleur du logement.

La bonne stratégie dépend du système installé

Tout n’est pourtant pas aussi simple. Pour une chaudière gaz ou fioul alimentant des radiateurs en fonte ou un plancher chauffant, mieux vaut éviter de couper complètement le chauffage la nuit. Selon SeLoger, c’est au démarrage que la chaudière consomme le plus d’énergie : redémarrer chaque matin un système à forte inertie thermique l’oblige à fonctionner de manière intensive pour rattraper la baisse de température, ce qui annule l’intérêt de la coupure.

Les spécialistes de Viessmann recommandent plutôt un abaissement nocturne, soit une réduction de 2 à 3 degrés sans extinction, en laissant le thermostat gérer la remontée avant le réveil.

Les équipements à faible inertie, radiateurs électriques et convecteurs en tête, réagissent très vite et s’adaptent facilement à une baisse temporaire, d’après la même source. La baisse nocturne est particulièrement avantageuse pour ce type d’installation. Pour les pompes à chaleur basse température, Energy Savings Trust nuance encore : « Mais si vous avez une pompe à chaleur, vous pouvez économiser de l’argent en laissant le chauffage allumé toute la journée. » Tout dépend alors du dimensionnement de l’installation et de la qualité de l’isolation du logement.

Absence courte ou longue, deux réponses différentes

La durée de l’absence change également la donne. Pour une à deux journées, il est conseillé de ne pas toucher au thermostat, surtout s’il est déjà réglé autour ou en dessous de 20 degrés et que le logement est bien isolé.

Pour des vacances plus longues, baisser le thermostat de quelques degrés limite les déclenchements des radiateurs et réduit les coûts. Il reste néanmoins inutile de descendre trop bas : le retour à la température habituelle provoquera une forte activation du système, qui annulera à peu près les économies réalisées.

Éteindre totalement le chauffage en hiver reste en revanche fortement déconseillé, qu’il s’agisse d’une pièce inoccupée ou d’une pièce à vivre, quelle que soit la durée de l’absence. Une température trop basse favorise l’humidité, susceptible d’endommager murs et plafonds, et expose les canalisations au risque d’éclatement en cas de gel. Deux pannes qui coûtent nettement plus cher qu’un chauffage maintenu au minimum.

Un degré de moins, 7 % d’économies

Le chauffage pèse jusqu’à 66 % de la consommation d’énergie d’un logement. L’Ademe recommande 19 degrés dans les pièces de vie en journée, et 16 à 17 degrés la nuit, une fourchette qui favorise aussi un sommeil plus réparateur. Selon l’agence, baisser la température de consigne d’un seul degré permet en moyenne 7 % d’économies sur la facture de chauffage.

Un thermostat programmé pour démarrer une demi-heure avant le lever évite d’avoir à pousser l’appareil à haute température, un réflexe contre-productif. Jamie Burns le rappelle : « régler le chauffage à 25 °C ne chauffe pas les pièces plus vite. Cela provoque une surchauffe, un gaspillage d’énergie et un fonctionnement intermittent du système. »

Les chiffres donnent du poids à ces conseils. Selon le baromètre du Médiateur national de l’énergie, publié pour l’année 2024, 66 % des foyers payent plus cher leur gaz naturel et le prix de l’énergie inquiète 85 % des Français.

L’hiver précédent, un Français sur trois avait eu froid chez lui. En 2023, les ménages avaient dépensé en moyenne 1 851 € pour l’énergie de leur logement, dont 410 euros rien que pour le gaz naturel, d’après le ministère de la Transition écologique.

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