Ce lundi 21 septembre 2026, 17% des stations-service en France manquent d’au moins un carburant. Roland Lescure, ministre de l’Économie, rassure en affirmant que les stocks stratégiques sont pleins et que la visibilité s’étend sur six à huit semaines. Cependant, cette stabilité apparente cache une vulnérabilité liée à la dépendance de la France au conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui pourrait perturber l’approvisionnement au-delà de deux mois.
17% de stations en pénurie; pas de risque systémique immédiat
Actuellement, environ 2 500 des 9 900 stations-service françaises subissent une pénurie d’au moins un carburant, soit 17%. Interviewé sur France Inter, Roland Lescure précise que 91% de ces ruptures concernent des stations TotalEnergies, soulignant un problème commercial plutôt qu’une défaillance logistique nationale.
Stocks stratégiques et raffineries : pleine capacité
Les stocks stratégiques de la France sont pleins et les raffineries fonctionnent à pleine capacité. Roland Lescure assure qu’il n’y a pas de problème d’approvisionnement systémique. Francis Pousse, président du syndicat Mobilians, confirme que les ruptures sont limitées au réseau TotalEnergies, les autres stations ne rencontrant pas de pénurie.
Visibilité de six à huit semaines
Grâce à une surveillance précise des flux pétroliers, le gouvernement dispose d’une visibilité de six à huit semaines. Roland Lescure affirme que cette visibilité est due à la localisation en temps réel des tankers et à la gestion des stocks dans les terminaux portuaires, permettant d’anticiper et d’ajuster les besoins logistiques.
Dépendance au conflit États-Unis/Iran
Passé ce délai de deux mois, l’approvisionnement dépendra de la stabilité géopolitique au Moyen-Orient, région clé des exportations pétrolières. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran constitue la principale menace pour la continuité des livraisons. Roland Lescure admet cette fragilité et souligne que la durée du conflit pourrait poser des problèmes.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, est un point critique. Toute escalade militaire pourrait bloquer les flux vers l’Europe, entraînant hausses de prix et ruptures d’approvisionnement. Les tensions entre Washington et Téhéran maintiennent ce risque géopolitique.
Incertitudes au-delà de deux mois
Si les prochaines semaines semblent sûres, l’après-novembre 2026 est incertain. L’approvisionnement dépendra de l’évolution du conflit et de l’ouverture des corridors énergétiques. Le gouvernement français, conscient de ces limites, organise des réunions de crise pour anticiper les besoins.
La pénurie actuelle n’est pas due à un problème logistique mais à une distorsion de marché. Les ruptures, concentrées à 91% chez TotalEnergies, résultent du plafonnement des prix mis en place par le groupe depuis mars 2026. Cette politique attire les automobilistes, épuisant rapidement les stocks, tandis que les stations indépendantes subissent une chute des ventes.
Impact du plafonnement des prix par TotalEnergies
Le plafonnement des prix chez TotalEnergies attire un afflux de clients vers ses 3 600 stations, dépassant leur capacité de réapprovisionnement. Avec un prix moyen du gazole à 2,41 euros le litre, les automobilistes privilégient ces tarifs attractifs, exerçant une pression sur la logistique du groupe. Les stations indépendantes, malgré leurs stocks, perdent leur clientèle.
Les raffineries françaises fonctionnent à pleine capacité, produisant les volumes nécessaires pour le marché national sans perturbation technique ou sociale. Cette performance prouve que la France dispose des infrastructures pour assurer son autonomie de raffinage, du moins à court terme.
Vulnérabilité énergétique à court et moyen terme
La France gère un approvisionnement stable jusqu’à fin novembre grâce aux stocks et raffineries opérationnels. Au-delà, l’incertitude augmente avec des facteurs externes influant sur l’approvisionnement. Le gouvernement prévoit des mesures d’accompagnement dès le 1er octobre, incluant des aides pour les professionnels et un prêt à taux zéro.
La vulnérabilité énergétique française est structurelle. Malgré des stocks pleins et une infrastructure performante, la dépendance aux importations et tensions géopolitiques limite la souveraineté nationale. Si le conflit au Moyen-Orient s’intensifie, la France devra puiser dans ses réserves sans garantie de réapprovisionnement rapide, soulignant l’importance de la transition vers des sources moins dépendantes des hydrocarbures importés.






