Un gisement d’uranium vient d’être trouvé dans un désert chinois :  » c’est une prouesse scientifique « 

30 millions de tonnes d’uranium cachées sous le sable d’Ordos : la Chine vient-elle de bouleverser en silence tout l’équilibre énergétique mondial ? Les quatre géants historiques du secteur ont de quoi trembler.

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Un gisement d'uranium vient d'être trouvé dans un désert chinois : " c'est une prouesse scientifique "
Un gisement d’uranium vient d’être trouvé dans un désert chinois :  » c’est une prouesse scientifique «  © L'EnerGeek

La Chine a annoncé la découverte d’un gisement d’uranium colossal dans le désert d’Ordos, en Mongolie-Intérieure. Selon les chercheurs chinois à l’origine de la trouvaille, les réserves dépassent 30 millions de tonnes.

Ordos est un désert aux conditions climatiques extrêmes, un relief hostile de sable et de roche. Repérer un gisement d’une telle ampleur dans cet environnement inhospitalier est présenté comme une prouesse scientifique, qui illustre les progrès des méthodes chinoises de prospection et d’exploration minière, explique Futura Sciences.

La découverte survient alors que Pékin cherche à diversifier son mix énergétique et à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles. La Chine construit actuellement onze nouveaux réacteurs nucléaires pour répondre à ses besoins énergétiques croissants. Une fois enrichi, l’uranium alimente ces réacteurs, qui produisent de l’électricité avec une empreinte carbone réduite. Le pays est par ailleurs leader mondial du solaire et de l’éolien, et semble vouloir combiner nucléaire et renouvelables dans son mix énergétique futur.

Le marché mondial de l’uranium est dominé par quatre pays :

  1. le Kazakhstan, premier producteur mondial,
  2. le Canada et ses gisements à haute teneur,
  3. l’Australie et ses vastes réserves,
  4. et la Namibie, dont les mines sont importantes.

L’entrée potentielle de la Chine comme producteur majeur pourrait rebattre les cartes de l’offre mondiale et faire naître de nouvelles relations commerciales.

L’ampleur de l’effet sur les cours dépendra de la stratégie d’exploitation que Pékin choisira d’adopter.

En devenant potentiellement autosuffisante en uranium, la Chine renforce aussi son poids diplomatique. Cette autosuffisance réduirait sa vulnérabilité aux pressions internationales et élargirait son autonomie dans ses décisions énergétiques. Le contrôle de cette ressource pourrait devenir un atout dans les négociations internationales sur le climat et la transition énergétique.

L’exploitation du gisement pose cependant d’importantes questions environnementales :

  1. risques pour les écosystèmes fragiles du désert d’Ordos et pour les populations locales,
  2. gestion des déchets radioactifs,
  3. consommation d’eau dans une région aride,
  4. protection des travailleurs.

L’uranium d’Ordos s’ajoute désormais aux pièces du puzzle énergétique que Pékin assemble pour poursuivre sa croissance tout en réduisant sa dépendance au carbone.

L’acceptabilité sociale de ces projets miniers dépendra des mesures de protection mises en place par les autorités chinoises.

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