Le ticket de caisse a de quoi faire tourner la tête. Le 13 septembre 2026, un automobiliste français a fait le plein à la station E.Leclerc de Foetz, au Luxembourg, et a partagé sa facture : 55,80 litres de SP98 payés 93,69 euros, soit 1,679 euro le litre.
Ce tarif tranche nettement avec la moyenne relevée en France. Au 12 septembre 2026, le litre de SP98 y coûtait 2,228 euros en moyenne, et le gazole dépassait les 2,30 euros (2,307 euros). L’écart entre les deux pays sur le sans-plomb 98 dépasse ainsi 50 centimes par litre. Pour un réservoir d’une cinquantaine de litres, la différence peut représenter plusieurs dizaines d’euros, avant même de compter le coût du trajet jusqu’à la pompe.
Le Luxembourg n’affiche pas tous ses carburants à un niveau aussi bas : le sans-plomb 95 s’y vend 1,793 euro, le diesel classique 2,123 euros et le diesel Ultimate 2,273 euros.
Le diesel a franchi la barre des 2 euros
Le samedi 12 septembre 2026, le prix du diesel a dépassé les 2 euros le litre au Grand-Duché. Le lundi suivant, 14 septembre, il s’échangeait à 2,12 euros, loin du record de mai 2026, à 2,18 euros.
Malgré cette flambée, le Luxembourg reste la destination phare du tourisme de l’essence pour les frontaliers. La tendance y est même inverse de celle observée côté français : alors que la hausse des prix fait chuter les volumes de vente de carburant en France, elle continue de grimper au Grand-Duché.
Un prix maximum fixé chaque jour par l’État
C’est le gouvernement luxembourgeois qui fixe le prix plafond du carburant, révisé chaque jour. Les stations peuvent vendre moins cher, mais dans les faits la plupart s’alignent sur ce tarif. Les prix sont orientés à la hausse depuis le début du conflit au Moyen-Orient et la guerre avec l’Iran.
Le 8 juin 2026, l’exécutif a annoncé la prise en charge temporairement une partie du surcoût lié à la hausse du prix de diesel et de l’essence de 5 centimes € par litre TTC dès le 1er juillet et jusqu’au 31 décembre 2026, via une baisse des accises. Cette aide, conditionnée à un niveau de prix supérieur à celui du 1er février 2026, profite aussi aux automobilistes venus d’ailleurs faire le plein.
Depuis les années 1990, la différence de prix à la pompe entre les deux pays oscillait entre 13 et 15 centimes en faveur du Luxembourg. Depuis le début du conflit avec l’Iran, elle atteint désormais parfois 30 centimes par litre.
Sur un an, la hausse reste marquée au Grand-Duché lui-même : le sans-plomb 95 a progressé de 21,31 %, le sans-plomb 98 de 23,43 %, et le diesel de près de 50 %.
Interrogé par RMC lundi 14 septembre 2026, le président de l’Union française des industries pétrolières, Philippe Casbas, a estimé qu’en cumulé, sur l’année, on doit s’approcher des 5,5-5,6 % de volume de vente de carburant en moins en France.
À l’inverse, selon le STATEC, l’institut luxembourgeois de la statistique, les volumes de vente augmentent régulièrement depuis 2016 : 550 millions de litres écoulés en 2024, contre 391 millions huit ans plus tôt. En dehors du Covid, aucune crise majeure n’a fait reculer la consommation de carburant au Grand-Duché.
Le nombre de stations-service progresse même légèrement, quand il s’effondre dans les pays voisins : le territoire comptait 230 stations en 2016, il en a gagné quatre en dix ans.
À Rodange, à quelques centaines de mètres de la frontière française, une quinzaine de stations sont alignées les unes derrière les autres, presque toutes au même prix. Fernando, 51 ans, peintre en bâtiment venu de Belgique, y vide son réservoir de 80 litres en quatre jours. La semaine précédente, pourtant, il n’avait pas pu s’y rendre : « J’avais d’autres trucs à payer, j’étais super juste », cite France 3.
Franck, 26 ans, travaille à Metz et fait le trajet tous les week-ends. Son petit réservoir se remplit à chaque passage. « C’est devenu super cher, mais quand je vois les prix en France, je me console un peu », confie-t-il.
Une salariée en pause, dans une des stations, dit voir de plus en plus de plaques d’immatriculation 55 et 59, surtout le week-end : les voitures venues de la Meuse, à 50 kilomètres, y croisent celles des Nordistes, parties de 300 kilomètres.






