Pétrole : le prix du baril pourrait atteindre 120 dollars

Le trafic de pétroliers au détroit d’Ormuz s’est effondré à 10 navires par jour, son plus bas niveau depuis mai. Goldman Sachs avertit que le baril de pétrole pourrait atteindre 120 dollars si les attaques s’intensifient, mais recommande de privilégier le gaz naturel et le diesel, où les opportunités sont plus importantes.

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Pétrole : le prix du baril pourrait atteindre 120 dollars
Pétrole : le prix du baril pourrait atteindre 120 dollars © L'EnerGeek

Le trafic des pétroliers au détroit d’Ormuz a chuté à 10 navires par jour, un minimum depuis mai. Goldman Sachs confirme que si cette tendance se poursuit, le prix du baril pourrait atteindre 120 dollars. Toutefois, les plus grands gains se profilent ailleurs, notamment dans le gaz naturel et le diesel.

Trafic maritime au détroit d’Ormuz : une baisse de 80 % en dix jours

Selon Kpler, le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz a fortement diminué. Ce passage crucial, qui voit passer 20 à 30 % du pétrole brut mondial, a enregistré une moyenne de 10 navires par jour ces dix derniers jours, un niveau inédit depuis mai 2026, d’après Yahoo Finance. Cette chute de près de 80 % par rapport aux normes habituelles reflète une grande prudence des armateurs face aux risques d’attaques militaires.

Avant l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz accueillait quotidiennement plusieurs dizaines de pétroliers en route vers l’Europe, l’Asie et les Amériques. La moyenne actuelle de 10 navires montre une paralysie quasi totale. Les compagnies maritimes redirigent leurs cargaisons via des routes alternatives plus longues et coûteuses, passant par le cap de Bonne-Espérance. Les primes d’assurance pour traverser le détroit ont considérablement augmenté, rendant cette route peu rentable.

Kpler, spécialiste du suivi des flux énergétiques par satellite, offre une vision en temps réel des mouvements des tankers. Ses données révèlent non seulement la diminution du trafic mais aussi l’allongement des délais d’attente aux points d’ancrage alternatifs et la hausse des coûts de fret. Marisks, une entreprise de renseignement maritime, note que les pétroliers sont désormais utilisés comme outils de pression économique, brouillant la distinction entre confrontation militaire et transport commercial.

Scénarios de Goldman Sachs : 120 dollars contre 80 dollars

Goldman Sachs envisage deux scénarios pour le prix du pétrole. Un scénario pessimiste, avec des attaques accrues contre les navires, pourrait pousser le prix du baril à 120 dollars. À l’inverse, un retour à la normale des exportations régionales ramènerait les prix à 80 dollars, selon L’Economiste Maghrébin. Lundi 7 septembre, le Brent était à 97,35 dollars et le WTI à 92,48 dollars, en hausse de 8 % et 10 % respectivement sur la semaine.

Daan Struyven, de Goldman Sachs, a indiqué sur Bloomberg TV que les récents événements suggèrent un risque réel d’intensification des perturbations maritimes. Les États-Unis ont récemment frappé trois pétroliers iraniens, dont un près de l’île de Kharg, un hub majeur d’exportation pétrolière iranien. En réponse, l’Iran a annoncé une zone d’exclusion autour du détroit d’Ormuz pour tout navire sur liste de sanctions. Le Parlement iranien a affirmé que les futures représailles seraient plus sévères.

La semaine passée, le Brent et le WTI ont respectivement bondi de 8 % et 10 %, illustrant la nervosité des marchés face aux risques d’approvisionnement. Les raffineries asiatiques, grandes consommatrices de brut du Moyen-Orient, puisent déjà dans leurs stocks stratégiques. La volatilité des options pétrolières a atteint des niveaux record depuis la crise ukrainienne de 2022, reflétant une grande incertitude sur les prix à venir.

Gaz naturel et diesel : les paris gagnants

Goldman Sachs recommande de se concentrer sur le gaz naturel et le diesel plutôt que sur le pétrole brut, estimant que les chocs d’approvisionnement sont plus prononcés dans ces secteurs, selon OilPrice.com. Cette stratégie repose sur une analyse des déséquilibres du marché énergétique.

Le GNL, exporté depuis le Golfe Persique, est crucial pour l’approvisionnement mondial, notamment depuis le Qatar vers l’Asie et l’Europe. Toute perturbation entraînerait une pénurie immédiate, les alternatives étant limitées. Le diesel, essentiel pour le transport et l’industrie, subit déjà des tensions en Europe suite à la réorientation des flux russes. L’augmentation du prix du brut augmente les marges de raffinage, mais les capacités de production de diesel sont limitées à court terme. L’accord entre TotalEnergies et ExxonMobil en Papouasie-Nouvelle-Guinée montre la quête de nouvelles sources de GNL face à la volatilité géopolitique.

Le spread entre le brut et ses produits raffinés s’est considérablement élargi. Le crack spread diesel, mesurant la marge de raffinage, a augmenté de 30 % en un mois. Pour les investisseurs, cela signifie que la valeur se déplace vers le raffinage et la distribution. Les contrats à terme sur le diesel européen et le gaz naturel américain offrent des profils de rendement plus attractifs que le Brent ou le WTI, selon Goldman. Les fonds spéculatifs ajustent déjà leurs portefeuilles en conséquence.

Stratégies de couverture pour l’énergie

Les compagnies aériennes, transporteurs routiers et industriels doivent réviser leurs stratégies de couverture. Les outils financiers permettent de fixer les prix d’achat pour plusieurs mois, réduisant l’exposition à la volatilité. L’augmentation du budget carburant pour les ménages français, atteignant 137 euros par mois pour l’essence, démontre l’impact direct de la hausse du pétrole sur les consommateurs.

Les raffineurs et traders ajustent leurs approvisionnements en privilégiant les origines atlantiques plutôt que le Golfe Persique. Les traders arbitrent entre différentes qualités de brut pour optimiser les marges de raffinage, tandis que les contrats de vente à terme intègrent des clauses de force majeure élargies. Les acteurs les plus réactifs, capables de s’adapter rapidement, bénéficient de primes de flexibilité substantielles. Goldman Sachs prévoit que les écarts de prix entre régions resteront élevés, offrant des opportunités aux arbitragistes.

Les prochaines semaines seront cruciales. Si le trafic au détroit d’Ormuz continue de diminuer, le scénario à 120 dollars pourrait se concrétiser. Cependant, les investisseurs avertis savent déjà que les meilleures opportunités se trouvent dans les produits dérivés où les chocs d’approvisionnement sont les plus marqués, avec le gaz naturel et le diesel en tête des valeurs refuges.

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