ZFE : l’Insee estime que l’impact sur le pollution de l’air est limitié

Selon l’Insee, les zones à faibles émissions (ZFE) accélèrent le renouvellement du parc automobile vers des véhicules moins polluants, mais leur contribution reste limitée. Seuls 5,8 points de progression sur 88,4 points sont attribuables aux ZFE, la majorité du progrès provenant des normes Euro antipollution imposées aux véhicules neufs. Les émissions de NOx ont chuté de 48,3% dans les ZFE régionales entre 2014 et 2024.

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ZFE : l’Insee estime que l’impact sur le pollution de l’air est limitié © L'EnerGeek

Les zones à faibles émissions (ZFE) encouragent le renouvellement du parc automobile français vers des véhicules moins polluants, mais leur effet global reste modeste. L’Insee, dans une étude publiée le 28 août 2026, analyse de neuf ZFE. Selon cette étude, 5,8 points de l’amélioration de 88,4 points sont dus aux ZFE. L’essentiel de la réduction des émissions résulte des normes Euro antipollution pour les véhicules neufs.

L’effet des ZFE : une contribution modeste à la réduction des émissions

De 2015 à 2025, la part des véhicules Crit’Air 0 et 1 a augmenté, passant de 8,7% à 42% dans les ZFE régionales. Dans la Métropole du Grand Paris, cette progression atteint 48,6% en 2025, contre 9,8% dix ans plus tôt. Hors ZFE, la croissance est aussi notable : de 6,4% à 31,7%.

L’Insee évalue que sur cinq ans, l’augmentation du parc des véhicules les moins polluants est de 88,4 points dans les ZFE, dont seulement 5,8 points attribuables directement aux restrictions d’accès. L’institut souligne que « l’effet des ZFE reste faible comparé au renouvellement naturel du parc, lié à l’obsolescence des anciens véhicules et leur remplacement par des modèles neufs ».

Normes Euro vs ZFE : quel impact sur le parc automobile ?

Le verdissement du parc automobile français repose principalement sur le durcissement progressif des normes Euro, en vigueur depuis 1992, qui imposent aux véhicules neufs des seuils d’émission de plus en plus stricts. Les ZFE encouragent le remplacement anticipé des véhicules anciens, mais ne sont pas le principal moteur de ce changement.

Les véhicules Crit’Air 5 et non classés, les plus polluants, représentent 2,3% du parc dans les ZFE régionales en 2025, contre 15,6% en 2015. Hors ZFE, leur part est plus élevée, à 6,8%. Les débats sur les restrictions reflètent les tensions entre objectifs environnementaux et acceptabilité sociale.

Réduction des NOx : apport des ZFE et des normes Euro

Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont diminué de 48,3% dans les ZFE régionales entre 2014 et 2024, et de 57,4% dans la Métropole du Grand Paris. L’Insee attribue 4,5 points de cette baisse aux ZFE, le reste étant dû au progrès technologique des moteurs.

Les NOx proviennent surtout de la combustion dans les moteurs diesel et essence. Depuis 2014, les normes Euro 6 imposent des systèmes de dépollution efficaces. Les nouvelles voitures émettent jusqu’à 90% de NOx en moins que celles d’avant 2010. Les ZFE accélèrent le retrait des anciens véhicules, mais leur impact est secondaire face à l’évolution technologique.

Particules fines : une amélioration due à plusieurs facteurs

Les ZFE participent davantage à la réduction des particules fines qu’à celle du CO2. Les particules fines, surtout émises par les anciens moteurs diesel, causent des maladies cardiovasculaires et respiratoires. Les véhicules Crit’Air 4 et 5, progressivement interdits dans les ZFE, en sont les principaux émetteurs.

L’amélioration de la qualité de l’air urbain résulte de la combinaison des normes Euro, des ZFE et de la croissance des véhicules électriques et hybrides. Les aides à l’achat de véhicules électriques d’occasion renforcent ce renouvellement, notamment pour les ménages modestes.

Le renouvellement naturel : moteur principal de la transition

Obsolescence des véhicules anciens : facteur clé

En France, un véhicule est utilisé en moyenne 13 ans avant d’être retiré. Les voitures immatriculées avant 2010, majoritairement diesel Euro 4 ou antérieures, sont progressivement éliminées. En 2025, les véhicules de plus de 15 ans constituent 18% du parc, contre 28% en 2015.

L’Insee rappelle que « la majorité de la réduction des émissions est due au renouvellement naturel du parc automobile, lié au durcissement progressif des normes Euro ». Les ZFE anticipent ce processus sans modifier fondamentalement sa trajectoire. Les débats juridiques autour du diesel montrent la complexité de cette transition.

Différence modérée entre ZFE et hors ZFE

En 2025, l’écart de 10,3 points entre les ZFE et le reste du territoire (42% contre 31,7% de Crit’Air 0-1) montre un effet réel mais limité. Les ZFE accélèrent le remplacement des véhicules anciens mais ne changent pas radicalement les habitudes d’achat. L’Insee note que « les ZFE modifient peu les comportements de mobilité : deux ans après leur mise en place, l’utilisation des voitures par les résidents reste stable ».

Les effets des ZFE apparaissent dès l’annonce des restrictions, les automobilistes anticipant les interdictions en renouvelant leur véhicule. D’autres pays européens renforcent aussi leurs zones à trafic limité.

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