En avril 2026, les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) ont réalisé le premier essai de mise à feu réussi d’un nouveau propulseur électrique à plasma alimenté au lithium métallique, confirme Numerama. Le prototype a atteint une puissance de 120 kilowatts, un niveau jamais atteint auparavant pour ce type de moteur, selon la NASA. Cinq allumages distincts ont été effectués lors de ces essais.
Le 10 août 2026, le compte officiel du centre spatial Marshall, historiquement spécialisé dans la propulsion, a publié deux photographies de l’engin sur X, évoquant l’achèvement de ces tests et un « pas de géant vers Mars ».
A giant leap to Mars! 🚀
NASA recently completed testing of a lithium-fed electromagnetic thruster, reaching 5x more power than today's electric propulsion systems. Paired with a nuclear power source, this tech could slash travel time to Mars!
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— NASA Marshall (@NASA_Marshall) August 10, 2026
Un plasma de lithium propulsé par force électromagnétique
Le moteur, dit magnétoplasmadynamique (MPD), chauffe du lithium métallique jusqu’à le transformer en gaz électrifié. De puissants courants électriques interagissent alors avec un champ magnétique, ce qui accélère brusquement ce plasma, expulsé à haute vitesse pour générer une poussée continue. Sur les images diffusées par la NASA, le phénomène prend la forme d’un cône rosé jaillissant de la tuyère.
Cette technologie rompt avec la combustion chimique traditionnelle d’ergols stockés dans les étages des fusées. Elle est étudiée depuis les années 1960, mais n’a jamais été utilisée de manière opérationnelle dans l’espace. Lors des allumages, l’électrode en tungstène placée au centre du moteur a émis une lueur blanche éclatante et sa température a dépassé 2 800 °C, contre 5 500 °C à la surface du Soleil.
Avec ses 120 kilowatts, ce prototype dépasse de plus de 25 fois la puissance des propulseurs équipant la sonde Psyche, lancée en octobre 2023 pour étudier l’astéroïde métallique du même nom. Cette sonde embarquait jusqu’alors la propulsion électrique la plus puissante jamais déployée par la NASA, capable selon l’agence de la faire grimper jusqu’à 200 000 km/h.
Les systèmes électriques de ce type consomment jusqu’à 90 % moins de propergol que les moteurs chimiques classiques, ce qui les rend particulièrement adaptés aux missions de longue durée.

Un couplage nucléaire indispensable pour viser Mars
Le propulseur MPD ne peut cependant fonctionner seul. Il doit être couplé à un mini-réacteur nucléaire embarqué, faisant office de centrale électrique. Les 120 kilowatts atteints lors de l’essai restent insuffisants pour propulser un vaisseau de grande taille avec équipage et logistique : une puissance totale évaluée entre 2 et 4 mégawatts serait nécessaire pour rendre crédible une mission martienne.
L’équipe du JPL espère à terme atteindre une puissance allant de 500 kilowatts à 1 mégawatt pour chaque propulseur. Il faudrait alors faire fonctionner plusieurs de ces moteurs en continu pendant plus de 23 000 heures, un défi qui suppose de garantir la résistance des matériaux à un fonctionnement prolongé sous des températures extrêmes.
Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a salué ce résultat dans un communiqué, rappelant qu’à la NASA, plusieurs projets sont menés simultanément, et que Mars n’a jamais été perdue de vue, le succès de ce propulseur lors de cet essai témoignant des progrès concrets accomplis vers l’envoi d’un astronaute américain sur la planète rouge.
James Polk, chercheur principal au JPL, a rappelé que la conception et la construction de ces propulseurs, menées durant deux ans, avaient constitué une longue préparation à ce premier essai. Il a estimé que ce test avait permis de démontrer le bon fonctionnement du moteur et l’atteinte des niveaux de puissance visés, ajoutant que l’équipe dispose désormais « d’un banc d’essai fiable pour commencer à relever les défis liés à la mise à l’échelle ».
Ces essais se sont déroulés dans le laboratoire de propulsion électrique du JPL, doté d’une chambre à vide de huit mètres de long refroidie à l’eau, spécifiquement conçue pour supporter les allumages de plasma à des niveaux de puissance de l’ordre du mégawatt.






