La collectivité de Pau prépare l’abandon progressif de ses bus à hydrogène Fébus pour basculer vers une flotte de bus électriques et hybrides. Cette décision fait suite à l’accumulation de problèmes matériels et financiers devenus impossibles à gérer au quotidien.
Inaugurés en grande pompe fin 2019 puis présentés par le président Emmanuel Macron début 2020, ces bus à haut niveau de service de 18 mètres avaient été baptisés par François Bayrou, alors maire de Pau, raconte Presse Citron. L’investissement initial s’élevait entre 70 et 74,5 millions d’euros.
Sièges ergonomiques, baies vitrées panoramiques, motorisation électrique alimentée par pile à combustible : le projet devait placer la ville à l’avant-garde des énergies décarbonées pour les transports lourds, misant sur une autonomie et une rapidité de recharge supérieures aux batteries électriques de l’époque.
Van Hool en faillite, les pièces détachées introuvables
Le constructeur belge des bus, Van Hool, a déposé le bilan dès 2024. Depuis, l’approvisionnement en pièces de rechange est devenu un casse-tête ingérable pour l’agglomération paloise.
Un quart de la flotte, qui compte huit engins, est déjà immobilisé au dépôt faute de composants disponibles. Certains véhicules doivent même être désossés pour permettre la réparation de ceux qui roulent encore.
Aux difficultés mécaniques s’ajoutent des soucis d’approvisionnement en énergie. La station locale d’hydrogène a enchaîné les pannes, et le prestataire chargé de la maintenance a réclamé une revalorisation drastique de son contrat, sous peine de retrait. Pour continuer à faire rouler ses bus, l’agglomération a dû faire livrer l’hydrogène par camion depuis d’autres sites français, une solution en contradiction directe avec le bénéfice écologique qui justifiait le projet à l’origine. La facture s’est élevée à des dizaines de milliers d’euros.
L’hydrogène repose sur l’utilisation du dihydrogène comme vecteur d’énergie. À bord du véhicule, le gaz est stocké sous haute pression et alimente une pile à combustible : son contact avec l’oxygène de l’air ambiant produit une réaction électrochimique qui génère de l’électricité, réinjectée dans le moteur.
Le procédé n’émet aucun gramme de CO2 ni de polluant, l’échappement ne rejetant que de la vapeur d’eau. Cette technologie devait résoudre les deux principaux défauts du véhicule électrique à batterie : une densité énergétique offrant une autonomie importante pour les véhicules lourds parcourant de longs trajets quotidiens, et un plein réalisable en une quinzaine de minutes seulement.






