Ces hackers nord-coréens financent les missiles de Kim Jong-un depuis leur clavier : la France et plusieurs pays lancent une alerte inédite

6,75 milliards de dollars détournés en cryptomonnaies, des employeurs piégés sans le savoir : derrière chaque télétravailleur discret pourrait se cacher un agent nord-coréen. Le G7 tire la sonnette d’alarme sur ce système bien plus infiltré qu’on ne l’imagine.

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Ces hackers nord-coréens financent les missiles de Kim Jong-un depuis leur clavier : la France et plusieurs pays lancent une alerte inédite
Ces hackers nord-coréens financent les missiles de Kim Jong-un depuis leur clavier : la France et plusieurs pays lancent une alerte inédite © L'EnerGeek

Les États-Unis et autres pays ont émis, vendredi 31 juillet 2026, une mise en garde contre des informaticiens nord-coréens qui travaillent sous fausse identité pour des entreprises étrangères. L’avis, cosigné par dix pays au total, dont l’ensemble des membres du G7, pointe un réseau qui finance à la fois le régime de Pyongyang, son programme nucléaire, et qui participe à des cyberattaques.

Le texte décrit un système bien rodé. La Corée du Nord s’appuie sur des informaticiens qualifiés, déployés à la fois sur son territoire et à l’étranger, qui se présentent sous une fausse identité pour décrocher des missions. Ils passent souvent par des intermédiaires et démarchent des sociétés de services ainsi que des plateformes internet en proposant du télétravail.

Selon les dix pays signataires, cités par l’agence AFP, la Corée du Nord s’appuie sur un réseau d’informaticiens qualifiés, déployés en Corée du Nord et à l’étranger, qui se présentent sous une fausse identité et reçoivent des revenus qui financent le programme nucléaire nord-coréen illégal et ses missiles balistiques.

Une partie ou la totalité des salaires perçus est rapatriée vers le gouvernement nord-coréen. Mais l’avis insiste aussi sur le risque direct que ces travailleurs font peser sur leurs employeurs : « ils présentent une menace pour ces sociétés », rappellent les pays signataires. Ces informaticiens se livrent en effet souvent à du piratage informatique, avec méthodes récurrentes : l’exfiltration de données et le vol de cryptomonnaies.

Cette alerte n’est pas la première du genre. Elle fait écho à un avis lancé en août 2025 par les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud, qui pointait déjà ce type de fraude à l’identité professionnelle.

Des milliards de dollars détournés via les cryptomonnaies

BFM Tech avait déjà consacré un grand format aux méthodes employées par la Corée du Nord pour financer son régime malgré de lourdes sanctions internationales, notamment à travers son écosystème numérique. Selon plusieurs sources, Pyongyang aurait accumulé plus de 6,75 milliards de dollars grâce au seul vol de cryptomonnaies.

Les revenus issus de cette cybercriminalité atteignent des niveaux records. Ils représentent, année après année, plusieurs centaines de millions de dollars, voire des milliards selon les estimations, et jouent un rôle qui n’a rien de marginal dans la stabilité économique du régime. Cet argent sert notamment à contourner les sanctions internationales et à soutenir les activités de l’État, y compris ses programmes d’armement.

La Banque de Corée (BoK) dresse en effet chaque année, depuis 1991, une estimation de l’économie nord-coréenne, faute de données rendues publiques par Pyongyang. Selon la BoK, le produit intérieur brut de la Corée du Nord a progressé de 3,5 % en 2025, pour atteindre 38 260 milliards de wons, soit environ 23,2 milliards d’euros.

Ce chiffre a été publié le même jour que l’avis des dix pays.

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