Depuis le XIVe siècle, une méthode appelée Daisugi a été mise au point dans la région de Kitayama, près de Kyoto. Elle permettait de produire du bois sans abattre les arbres, ce qui retrouve un intérêt aujourd’hui, alors que la déforestation mondiale progresse et que la demande de solutions plus durables augmente.
D’où vient le Daisugi et pourquoi
Le Daisugi, littéralement « table de cèdre », remonte à plus de 700 ans. Il naît d’une double contrainte : Kitayama manquait de jeunes plants de cèdres mais devait répondre à une forte demande en bois de construction. À la même époque, l’architecture sukiya-zukuri, prisée des samouraïs et des nobles, réclamait des matériaux d’une grande qualité esthétique.
Les habitants ont dû s’adapter. Avec peu de ressources, ils devaient tout de même produire ce bois de qualité. Le Daisugi a répondu à ce besoin en exploitant les arbres déjà en place de façon plus durable.
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Comment fonctionne le Daisugi
Le procédé consiste à tailler les cèdres pour orienter la croissance de nouvelles pousses. Ces pousses sont élaguées tous les deux à quatre ans, ce qui donne un bois sans nœuds. L’élagage se fait à la main, avec soin, et le cycle se répète : au bout d’une vingtaine d’années, les pousses atteignent la taille et la densité voulues pour la récolte.
Le bois obtenu est 140 % plus flexible que le cèdre standard, et 200 % plus dense et plus résistant, ce qui en fait un bon matériau de construction. Chaque souche peut donner jusqu’à 100 pousses en même temps, soit une production abondante sans abattre l’arbre.
Une technique ancienne qui reste d’actualité
Chaque année, environ 10 millions d’hectares de forêt disparaissent, surtout sous l’effet de l’expansion agricole. Le Daisugi montre qu’on peut produire du bois sans renoncer à protéger la forêt. Le GIEC attribue 12 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre à la déforestation, ce qui explique l’intérêt pour ce type de pratique.
La méthode a récemment franchi les frontières du Japon. En France, plusieurs régions, le Languedoc-Roussillon, la Normandie, le Sud-Ouest, le Limousin et la Bretagne, commencent à expérimenter le cèdre japonais et à se tourner vers des modes de production de bois plus écologiques.






