Ni hydrogène ni diesel : ce moteur géant de navire tourne à l’ammoniac, un carburant toxique qui réduit de 90% les émissions de gaz à effet de serre

Saviez-vous que l’adoption de l’ammoniac pour le transport maritime pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 90 % ?

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Ni hydrogène ni diesel : ce moteur géant de navire tourne à l'ammoniac, un carburant toxique qui réduit de 90% les émissions de gaz à effet de serre
Source : WinGD | L'EnerGeek

Le commerce international continue de croître et le transport maritime y occupe une place centrale. Le secteur émet pourtant environ 3 % du CO2 mondial. Pour réduire cette empreinte, plusieurs pistes d’innovation technologique sont à l’étude, et l’ammoniac figure parmi les plus sérieuses. WinGD, un constructeur suisse, a mis au point le moteur X72DF-A, capable de fonctionner à l’ammoniac. Cette technologie pourrait réduire fortement les émissions du transport maritime.

Un moteur taillé pour l’ammoniac

Le X72DF-A est un moteur deux temps bicarburant de grande taille. D’après BFMTV, il tourne principalement à l’ammoniac. L’intérêt climatique tient à la composition de ce carburant : contrairement au fioul lourd ou au diesel marin, l’ammoniac ne contient pas de carbone. Sa combustion émet donc beaucoup moins de CO2, à condition qu’il soit produit par des procédés bas carbone. Alexander Saverys, patron de CMB.TECH, qui a commandé des vraquiers équipés de ce moteur, avance une baisse de plus de 90 % des gaz à effet de serre en mode ammoniac par rapport au diesel.

Les essais ont eu lieu en Chine, dans une usine du groupe CSSC. Plusieurs organismes de certification les ont supervisés, parmi lesquels Lloyd’s Register, l’American Bureau of Shipping et la China Classification Society. Les mesures relevées font état de faibles émissions de gaz polluants. Quelques contraintes subsistent : la combustion de l’ammoniac peut produire des oxydes d’azote, de l’ammoniac non brûlé et du protoxyde d’azote.

Ce qui reste à régler : sécurité et environnement

Propulser un navire à l’ammoniac soulève des problèmes concrets. Ce gaz est toxique et corrosif : son stockage et sa manipulation à bord exigent des protocoles de sécurité stricts. Assureurs, ports et organismes de classification s’inquiètent de ces risques.

La production d’ammoniac pose elle aussi question. Aujourd’hui, l’essentiel provient d’hydrocarbures. Pour que ce carburant tienne sa promesse climatique, il faudra passer par de l’hydrogène vert ou par des procédés bas carbone avec captage du CO2.

Les prochaines étapes pour le transport maritime

Le navire commandé par CMB.TECH, d’une capacité de 210 000 tonnes, ouvre une série de dix vraquiers qui recevront le moteur X72DF-A. WinGD fait par ailleurs état d’un carnet initial d’environ 40 moteurs pour différents types de navires, avec une entrée en service attendue dans les prochaines années. Cette technologie répond aux objectifs de l’Organisation maritime internationale, qui vise zéro émission nette pour le secteur d’ici 2050, avec des jalons en 2030 et 2040.

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