80 millions d’euros pour rafraîchir les écoles
La France traverse depuis le 16 juin 2026 un épisode caniculaire d’une intensité historique. Face aux températures extrêmes qui rendent les salles de classe impraticables, EDF a annoncé ce vendredi 26 juin la mobilisation de 80 millions d’euros pour équiper établissements scolaires, crèches et centres de loisirs en systèmes de rafraîchissement. Jeudi 25 juin, jour le plus chaud de l’épisode, environ 3 500 écoles, essentiellement primaires, ont fermé leurs portes. 10 000 autres ont dû aménager leurs horaires pour limiter l’exposition des enfants aux températures extrêmes. Dans certaines écoles parisiennes, les thermomètres ont affiché jusqu’à 36 °C à l’intérieur des salles.
Le PDG d’EDF, Bernard Fontana, a justifié l’initiative en soulignant la nécessité d’« agir concrètement en aidant les établissements scolaires, les crèches et les centres de loisirs à s’équiper, à la fois avec des solutions de rafraîchissement rapidement disponibles et avec des aménagements durables ». Selon Challenges, l’électricien français, détenu à 100 % par l’État, met en œuvre le dispositif via l’association « Je passe à l’électrique », créée en avril 2026 et dotée initialement de 240 millions d’euros pour accélérer la transition énergétique des ménages et des petites entreprises.
Urgence immédiate et projets durables
L’enveloppe de 80 millions d’euros se divise en deux volets distincts. Le premier, doté de 40 millions d’euros, vise à financer plus de 100 000 équipements « rapidement opérationnels » dans plus de 10 000 établissements d’ici fin septembre 2026. Ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs mobiles et climatiseurs fixes peuvent être déployés sans travaux lourds. EDF versera une prime forfaitaire de 400 euros par équipement, dans la limite de 10 équipements par établissement. Le mécanisme doit permettre aux directeurs d’écoles et aux responsables de crèches d’acquérir rapidement du matériel de rafraîchissement, à condition que les équipements soient disponibles sur le marché et que les démarches administratives puissent être menées malgré la période estivale.
Le second volet, également doté de 40 millions d’euros, s’inscrit dans une perspective plus durable. Il prévoit le versement de primes forfaitaires de 10 000 euros par établissement pour financer des projets de rafraîchissement structurels, notamment l’installation de pompes à chaleur air-air réversibles, capables de chauffer en hiver et de climatiser en été. L’aide, qui s’étend jusqu’au 30 juin 2027, vient en complément du programme Edurénov, porté par la Banque des Territoires. Environ 4 000 établissements pourraient bénéficier du dispositif, selon les informations diffusées par le groupe.
50 millions d’euros supplémentaires mobilisés
Parallèlement à l’annonce d’EDF, la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des dépôts, la Banque postale et l’organisme ACTEE (Action des Collectivités Territoriales pour l’Efficacité Énergétique), financé par les certificats d’économie d’énergie, ont dévoilé un investissement complémentaire de 50 millions d’euros. Selon Challenges, l’enveloppe sera destinée à « l’adaptation climatique de 12 500 écoles ».
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a précisé sur France Culture que « dès la semaine prochaine, 2 500 écoles éligibles, celles qui sont le plus en première ligne, vont bénéficier d’un dispositif d’urgence de 10 millions d’euros ». Le dispositif prévoit le financement de solutions rapides telles que des ombrières, des brasseurs d’air, des protections solaires et des systèmes de ventilation. Pour les 10 000 autres établissements, 40 millions d’euros supplémentaires permettront notamment une prise en charge intégrale des diagnostics travaux, facilitant l’identification des besoins et la mise en œuvre de solutions adaptées à chaque site.






