Le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) compte parmi les grands programmes de recherche scientifique en cours. Il est implanté à Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, en France. Son principe : reproduire sur Terre la fusion nucléaire qui se produit dans le Soleil, une source potentielle d’énergie radioactive prolifique, propre et relativement sûre. La démarche soulève toutefois des difficultés sérieuses, scientifiques comme logistiques.
Où est implanté ITER et comment le site est organisé
Le chantier d’ITER couvre 180 hectares, soit l’équivalent de 250 terrains de football. Il se trouve juste à côté du centre de recherche du Commissariat à l’énergie atomique à Cadarache, à environ 70 km au nord-est de Marseille, ce qui facilite les échanges avec les équipes locales du CEA. ITER repose sur la technologie du tokamak : il doit confiner un plasma porté à des températures extrêmes à l’aide d’un champ magnétique très puissant.
Le tokamak a la forme d’un anneau, comme un donut. Il confine le plasma grâce à des aimants supraconducteurs maintenus à -269 °C, alors que le plasma, lui, peut dépasser 150 millions de degrés Celsius. Tenir un tel écart de température met à rude épreuve la science des matériaux et l’ingénierie.
Les chiffres énergétiques et les contraintes
Sur le papier, le rendement de la fusion dépasse de loin celui des réactions chimiques classiques. La réaction visée entre le deutérium et le tritium devrait libérer bien plus d’énergie. Un seul gramme de ce combustible fournirait autant d’énergie que 11 tonnes de charbon, rapporte Sciencepost. Un litre d’eau, qui contient environ 30 mg de deutérium, donnerait, s’il était entièrement fusionné, l’équivalent de 340 litres de pétrole.
Les retombées potentielles sont importantes. L’Agence internationale de l’énergie atomique a décrit la fusion comme une source d’énergie quasi illimitée, propre, sûre et abordable. Elle n’est pourtant pas encore commerciale. ITER reste un dispositif entièrement expérimental : il doit démontrer que la technologie peut produire 10 fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme pour amorcer la réaction.
Qui participe et quels sont les défis d’organisation
Le projet est international : la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, l’Union européenne, l’Inde, le Japon et la Russie y participent dans le cadre d’une coopération internationale. Plus d’un million de composants du réacteur, soit la majorité de l’ensemble, proviennent de ces pays. Cette répartition crée d’importantes contraintes de coordination, qui expliquent en partie les retards. Les premiers essais de fusion, prévus à l’origine pour 2014, ont été repoussés à 2034, soit un glissement de neuf ans sur le calendrier initial.
Le budget a suivi la même pente. Évalué à 6,3 milliards de dollars en 2006, il se situe désormais entre 20 et 40 milliards d’euros. Cette hausse tient à la complexité du projet et à une série de difficultés imprévues, dont la découverte de défauts de fabrication en 2022.
Progrès technologiques et perspectives pour l’avenir
À côté d’ITER, d’autres installations avancent sur la tenue du plasma, comme le tokamak WEST, en France. Un record de plasma y a été établi : un plasma à 50 millions de degrés maintenu pendant plus de 22 minutes.
ITER ne produira pas d’électricité, mais il ouvre la voie à DEMO, un réacteur de démonstration conçu pour une production continue d’énergie, commercialisable après 2050 dans le meilleur des cas. Cet horizon reste éloigné de l’urgence climatique actuelle.






