L’Union européenne a pris une décision historique qui pourrait transformer fortement le marché des installations photovoltaïques. Désormais, l’institution ne subventionnera plus les onduleurs venant de pays jugés à « risques élevés », une mesure motivée par des préoccupations grandissantes en matière de cybersécurité et par la volonté de protéger les infrastructures critiques de ses États membres.
Un virage pour sécuriser les infrastructures
Annoncée publiquement le lundi 4 mai, la décision de l’Union européenne de ne plus financer les onduleurs de certains pays est entrée en vigueur dès début avril, confirme BFMTV. Cette interdiction vise à protéger le réseau électrique de l’UE contre les menaces potentielles posées par certains appareils électroniques. Les onduleurs (appareils qui transforment le courant continu généré par les panneaux solaires en courant alternatif utilisable par le réseau) sont des composants clés de chaque installation photovoltaïque.
La Commission européenne, par la voix de responsables à Bruxelles, a insisté sur le fait qu’il fallait s’approvisionner auprès de fournisseurs jugés sûrs pour préserver l’intégrité des réseaux électriques. Selon les informations disponibles, la mesure s’applique immédiatement aux nouveaux projets, avec une période transitoire prévue pour les projets déjà en cours de finalisation.
Quels pays et entreprises sont visés ?
Les États spécifiquement visés par cette interdiction incluent la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. D’après l’UE, ces pays représentent un « risque élevé » en raison de la possibilité que leurs équipements chinois soient utilisés pour des cyberattaques susceptibles de perturber les infrastructures critiques européennes. Les craintes ne sont pas que théoriques : des acteurs étrangers pourraient parvenir à un « arrêt à distance des réseaux des États membres », provoquant ainsi des coupures d’électricité à l’échelle nationale, a déclaré Siobhan McGarry, porte-parole de la Commission européenne.
Des entreprises comme Huawei et Sungrow, géants chinois de l’électronique, sont directement concernées par cette interdiction de financement. Le marché pourrait cependant voir apparaître d’autres acteurs considérés comme moins risqués, venus de pays tels que le Japon, la Corée du Sud, les États-Unis et la Suisse, vers lesquels l’UE se tourne désormais avec une préférence marquée, en raison de la surproduction de panneaux solaires en Chine.
Ce que ça change pour le marché européen de l’énergie
Cette décision pourrait remodeler le paysage énergétique européen. En coupant les financements pour des technologies jugées risquées, l’UE engage une stratégie de long terme soutenue par une législation en cybersécurité en préparation. Ce futur texte de loi pourrait interdire définitivement l’utilisation d’onduleurs issus de fournisseurs identifiés comme à haut risque sur le marché européen.
La crainte d’une domination chinoise sur le marché des onduleurs est un argument souvent avancé. À long terme, cela pourrait mettre en jeu la sécurité d’approvisionnement, et c’est pourquoi l’UE cherche activement à favoriser ses propres fabricants ou ceux des pays considérés comme sûrs.






