La transition énergétique en France franchit une nouvelle étape avec l’annonce, vendredi dernier, du plan d’électrification ambitieux du gouvernement. Ce plan vise l’installation de 1 million de pompes à chaleur (PAC) par an dans les foyers français d’ici 2030. Il remplace un objectif précédent, jugé inatteignable, qui visait à produire 1 million de PAC en France chaque année d’ici 2027, et laisse plus de marge pour s’adapter au marché et optimiser la production en France et en Europe.
La mesure entend tenir compte des réalités industrielles et commerciales plutôt que de rester sur une date fixe qui semblait difficile à tenir.
La filière : où on en est et les défis
La pompe à chaleur est une alternative durable aux chauffages traditionnels : elle puise des calories dans l’air pour chauffer les logements. Parmi les types existants, les PAC air-eau, celles qui remplacent les chaudières à gaz, sont au centre de la stratégie gouvernementale.
Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a insisté sur la présence d’une industrie nationale, en lien avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie.
Pourtant, la filière a traversé des difficultés ces dernières années, malgré la simplification administrative.
Industrie et aides : comment ça se passe
Les capacités industrielles présentes peuvent être mobilisées : plus d’une dizaine d’usines en France sont déjà en activité. À l’échelle européenne, près de 23 acteurs se partagent le marché, même si une dizaine d’entre eux détient la grande majorité, selon le directeur général de Saunier Duval, Régis Luttenauer.
Le groupe Atlantic, leader sur le marché français, a déjà pris des mesures pour renforcer sa production locale en rapatriant une partie de sa fabrication en France. Yves Fanton d’Andon, responsable Innovation et affaires publiques du groupe Atlantic, a déclaré : « Nous sommes pleinement en capacité d’accompagner la montée en puissance progressive du marché. » rapporte BFMTV.
Le gouvernement propose aussi un système de « leasing social » pour faciliter l’achat de ces équipements coûteux, avec un étalement des paiements sur une période de trois ans. Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, a souligné un effort coordonné pour faire en sorte que le coût mensuel soit plus attractif que les factures de gaz actuelles.
Cette mesure vise à lever l’un des freins majeurs à l’adoption des PAC : le coût d’installation, qui peut varier entre 10 000 et 18 000 €.






