Il y a encore quelques années, revoir des mammouths laineux sur Terre relevait de la pure science‑fiction. Aujourd’hui, avec les progrès de la biotechnologie, ce projet semble se rapprocher. Colossal Biosciences, basée à Dallas, Texas, pilote une ambitieuse entreprise pour ressusciter cette espèce disparue. En mêlant ingénierie génétique, biologie moléculaire et recherches archéologiques, l’équipe veut non seulement ramener le mammouth laineux, mais aussi jouer un rôle majeur dans la conservation de la planète.
Le pari de Colossal Biosciences
Colossal Biosciences travaille depuis son laboratoire de 5 111 m² à Dallas. Le but : modifier l’ADN de façon très précise pour obtenir un animal qui ressemble et se comporte comme le mammouth laineux, tout en remplissant le même rôle dans les écosystèmes. Le processus est complexe : extraction d’ADN ancien, édition génique, validation sur des modèles murins, puis clonage d’embryons. Chaque étape progresse, et d’après TF1 Info, l’entreprise vise des premiers embryons similaires à des mammouths d’ici 2028.
L’acquisition de ViaGen en novembre 2025 renforce la capacité de clonage de Colossal. ViaGen est connue pour avoir cloné plus de 3 000 animaux. Matt James, responsable animalier de Colossal, joue un rôle clé dans la coordination de ces projets. Outre le mammouth laineux, Colossal a aussi mené des expériences sur d’autres espèces, comme les souris laineuses et le loup terrible.
Ce que révèle l’ADN ancien
La redécouverte du mammouth repose sur une énorme base de données génomiques. Les chercheurs ont assemblé plus de 50 génomes de mammouths couvrant 1,2 million d’années d’évolution. Les plus vieux échantillons, datés de 1,2 million d’années, ont été récupérés dans les années 1970 en Sibérie par le paléontologue russe Andrei Sher. Les molaires de mammouth fournissent souvent de l’ADN utilisable, même si cet ADN ancien est très fragmenté et pose de gros défis.
Les comparaisons entre mammouths et éléphants actuels montrent une similarité de 99,6 % dans l’ADN. Cette proximité rend possibles des modifications génétiques ciblées pour recréer des caractères comme le pelage épais, un crâne voûté, des oreilles plus petites et des réserves de graisse supplémentaires. Des outils d’édition génique, y compris CRISPR‑Cas9, facilitent ces manipulations.
Ses adaptations et son rôle dans l’écosystème
Le mammouth laineux est apparu il y a environ 700 000 ans en Sibérie et était parfaitement adapté à la steppe froide. Il pouvait atteindre 3,35 m au garrot et peser jusqu’à 6 tonnes. Son manteau à double couche et sa couche de graisse sous‑cutanée lui permettaient de résister à des températures descendant en dessous de −40 °C. Les défenses, qui pouvaient mesurer jusqu’à 4,57 m, servaient à la défense et à déterrer de la nourriture sous la neige.
Remettre le mammouth sur le terrain pourrait aider à ralentir le dégel du pergélisol. En tant qu’espèce clé de voûte, sa réintroduction pourrait transformer les écosystèmes : maintien des steppes, dispersion des graines, et, plus généralement, contribution à un environnement plus stable.






