Une crise sans précédent a secoué la Russie après qu’une tentative de bloquer massivement les réseaux privés virtuels (VPN) a provoqué une panne bancaire majeure dans tout le pays. Cet incident montre jusqu’où peuvent aller les conséquences des mesures drastiques prises pour contrôler l’espace numérique en Russie, similaires à une coupure technique en Chine.
Des perturbations dans tout le pays
L’incident a entraîné la coupure simultanée des applications des principales banques russes, notamment Sberbank, VTB et T-Bank, provoquant une panne bancaire généralisée. Le paiement en espèces est rapidement redevenu le seul moyen de transaction disponible. Certaines infrastructures publiques ont aussi été touchées : le métro de Moscou a dû ouvrir gratuitement ses tourniquets, et un zoo régional a demandé aux visiteurs de payer en liquide.
Selon The Bell et plusieurs médias russes, des adresses IP liées à l’infrastructure bancaire ont été bloquées par erreur lors de la mise en œuvre de ces nouvelles restrictions.
Qui est impliqué et qui réagit
Le problème vient de l’application de politiques sévères de contrôle d’internet par Roskomnadzor, qui vise à limiter l’utilisation des VPN. Cette action a été soutenue par Maksut Shadayev, ministre du numérique, qui avait annoncé en mars un plan pour réduire l’emploi des VPN. Pavel Durov, fondateur de Telegram, s’est rapidement opposé à ces mesures, accusant directement le Kremlin de favoriser la panne. Malgré les blocages, Telegram est toujours utilisé par 65 millions de Russes chaque jour.
La feuille de route du gouvernement et ses objectifs
Le gouvernement russe a intensifié son offensive contre les VPN : dès janvier, plus de 469 services ont été bloqués, soit une hausse de 70 % par rapport à l’automne précédent. En février, des applications comme WhatsApp et Telegram ont été retirées du réseau. Les nouvelles restrictions, entrées en vigueur le 1er avril, visaient aussi à pousser les citoyens russes vers Max, une application officielle gérée par une filiale de Gazprom.
Les effets techniques et les pertes économiques
Les actions de Roskomnadzor ont surchargé les filtres, ce qui a conduit au blocage accidentel d’adresses IP indispensables aux services bancaires, selon des experts techniques comme Fyodor Muzalevsky de RTM Group. Les perturbations ont entraîné d’importantes pertes économiques, estimées entre 32 et 54 millions d’euros pour Moscou sur cinq jours, soulignant une dépendance technologique critique.
Des tentatives précédentes de filtrage d’internet, par exemple en 2018 avec le blocage de Telegram, avaient déjà causé des perturbations notables. Mais le scénario actuel, en 2026, est jugé bien pire par les analystes, montrant les conséquences dévastatrices de ces restrictions sur l’infrastructures numériques du pays.



