Une découverte archéologique remarquable a été annoncée le long de la côte du Carmel en Israël. Des archéologues sont tombés sur ce qui serait la plus ancienne cargaison de fer brut datée de façon fiable jamais repérée en mer, vieille de plus de 2 600 ans. Cette trouvaille enrichit notre lecture de l’histoire et remet en question des idées établies sur le transport du fer dans l’Antiquité.
Une épave mise au jour dans la lagune de Dor
En 2023, des fouilles sous-marines dirigées par le Professeur Assaf Yasur-Landau de l’Université de Haifa ont révélé une épave enfouie à 3,05 mètres sous la surface de la lagune de Dor. L’épave contenait neuf blocs de fer brut, chacun pesant entre 4,99 et 9,98 kg. Ces blocs, encore entourés de scorie, étaient bruts : formés dans un four mais pas transformés en objets finis.
C’est la présence d’une brindille de chêne carbonisée coincée dans l’un des amas qui a permis de dater ces éléments entre 639 et 631 av. J.-C. grâce à la datation par radiocarbone. Cette cargaison remet en question l’idée reçue selon laquelle le fer circulait surtout sous forme d’objets finis : les analyses métallurgiques montrent que ces mottes de fer brut étaient destinées à être retravaillées dans des ateliers éloignés. Comme le note Tzilla Eshel, « les chercheurs pensaient que les loupes de fer n’étaient pas commercialisées parce que cela représentait une perte d’énergie de les laisser refroidir sans finir le processus ».
Ce que ça dit du commerce et de l’économie
Le site de Dor, en tant qu’ancien port méditerranéen, jouait un rôle central dans les routes commerciales, en reliant des régions comme l’Égypte, la Phénicie, Chypre et la Mésopotamie. Cette découverte montre que Dor servait de plaque tournante pour des produits métallurgiques non finis. Les voies maritimes de l’époque utilisaient Dor comme point de distribution pour le métal brut, ce qui souligne son poids dans le commerce du métal à grande échelle.
Transporter des matières premières brutes plutôt que des produits finis pouvait répondre à des logiques économiques bien établies : les mottes de fer brut prenaient moins de place et permettaient de réduire les coûts de main-d’œuvre et de transport. L’ensemble suggère une organisation de la production en plusieurs étapes, avec des ateliers spécialisés dispersés autour de la Méditerranée.






