Un tournant important vient d’être annoncé dans le paysage énergétique français : l’Élysée a indiqué que 60 % du financement du nouveau programme de centrales nucléaires EPR 2 proviendra du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts (CDC), largement alimenté par le Livret A, confirme La Dépêche. Cette information, communiquée à l’issue d’un Conseil de politique nucléaire (CPN), a rassemblé des personnalités comme Emmanuel Macron, marquant une étape majeure dans la stratégie nucléaire de la France.
Le conseil tenu sur le chantier de Penly
La réunion s’est déroulée sur le chantier de la future centrale de Penly, en Seine-Maritime. Le président Emmanuel Macron, entouré de salariés d’EDF et de Bernard Fontana, PDG d’EDF, a mis en avant l’avancée des travaux préparatoires.
Cet événement intervient deux jours après un sommet sur le nucléaire organisé près de Paris, ce qui souligne l’intensité et la rapidité des décisions prises ces derniers jours pour la politique énergétique du pays.
À quoi ressemble le programme EPR 2
Le programme EPR 2 vise la construction de réacteurs nucléaires EPR2 de forte puissance. Les sites retenus sont Penly et Gravelines ainsi que le site du Bugey dans l’Ain. À Penly, deux réacteurs de cette nouvelle génération doivent être construits, renforçant le parc nucléaire national.
Le financement complet passera par le mécanisme de prêt bonifié fourni par le Fonds d’épargne de la CDC, ce qui permettra d’utiliser l’épargne réglementée pour soutenir le projet. EDF s’engage, dans ce cadre, à garder une gestion financière stricte, avec un coût de construction estimé à 72,8 milliards d’euros.
Comment c’est financé
Le financement sera assuré à 60 % par le Fonds d’épargne géré par la CDC, qui regroupe une large part de l’épargne réglementée française, notamment le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), et le Livret d’épargne populaire (LEP).
Cette enveloppe représente approximativement un montant total de 400 milliards d’euros et se répartit en deux volets : l’un dédié aux prêts à long terme pour le logement social et la politique de la ville, l’autre investi dans des titres de dette et des actions de sociétés cotées. C’est dans ce cadre que le programme EPR 2 puisera les ressources nécessaires.
Ce qui est prévu et les engagements
L’annonce inclut une promesse ferme d’EDF de respecter les coûts cibles et le calendrier prévu : une décision d’investissement finale d’ici fin 2026, pour une première mise en service attendue en 2038.
Le Conseil de politique nucléaire appelle l’État et EDF à conclure rapidement leurs échanges avec la Commission européenne, afin d’assurer la compatibilité du montage financier avec les règles européennes.
Comme l’a dit Emmanuel Macron, « On n’arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire », en soulignant aussi l’évolution du regard de l’Europe sur le nucléaire. Ce large accord renforce la légitimité du projet au niveau national et européen, soulignant l’importance de la politique énergétique nationale.






