Dans une avancée notable, des chercheurs de Hong Kong et de Shenzhen ont conçu une batterie aqueuse qui pourrait changer la façon dont on stocke et utilise l’énergie. Publiée dans Nature Communications le 21 février 2026, cette invention revêt une grande importance car elle offre une alternative potentielle, plus sûre et plus durable, à la technologie batteries lithium-ion largement utilisée aujourd’hui.
Un coup de génie venu de la cuisine
Cette batterie s’inspire des saumures employées pour fabriquer le tofu et utilise donc un électrolyte à base d’eau. Contrairement aux batteries courantes qui peuvent être inflammables, son électrolyte est neutre (pH proche de 7), non toxique, ni acide ni inflammable. Les électrodes sont faites à partir de matériaux organiques, précisément des « polymères organiques covalents », ce qui améliore sa stabilité chimique et son aspect écologique. La tension de cellule atteint environ 2,2 V, avec une densité énergétique de 48,3 Wh/kg, moins que le lithium‑ion, mais avec des avantages en matière de sécurité et de durabilité.
Des performances et une longévité impressionnantes
L’un des points forts de cette batterie, c’est sa capacité de cyclage qui dépasse les 120 000 cycles, ce qui laisse entrevoir une utilisation de plus d’une décennie sans dégradation notable, similaire à une batterie sodium-ion. Pour mettre en perspective : les téléphones portables tiennent autour de 800 cycles, et les batteries lithium‑ion se dégradent généralement après 1 000 à 3 000 cycles. Selon l’équipe de recherche, cette longévité représente un « énorme bond en utilité » par rapport aux batteries aqueuses classiques. Atteindre plus de 100 000 cycles serait un vrai tournant pour des usages nécessitant du stockage d’énergie sur le long terme.
Avantages pour l’environnement et usages envisagés
Sur le plan de la sécurité, la batterie est intrinsèquement non inflammable, ce qui réduit fortement le risque d’emballement thermique, un problème fréquent avec les batteries zinc-ion. Ses électrolytes non toxiques facilitent aussi le recyclage en fin de vie. Les équipes de la City University of Hong Kong et de la Southern University of Science and Technology à Shenzhen voient cette solution comme adaptée au stockage réseau : fermes solaires, équilibrage éolien, où la longue durée de vie et la sécurité comptent beaucoup. En revanche, à cause de sa densité énergétique plus faible, elle risque de ne pas convenir aux appareils mobiles ou aux véhicules électriques qui demandent une densité élevée, contrairement aux batteries sodium-ion.
Ce qui reste à prouver pour industrialiser
Malgré les promesses, le passage du laboratoire à l’échelle industrielle n’est pas acquis. La montée en production devra démontrer que la technologie reste robuste hors des conditions contrôlées. Le potentiel de coût est encourageant pour la rentabilité future, mais il faudra prouver que la fabrication peut être économique à grande échelle. Il faut aussi garder en tête que de nombreuses découvertes académiques ne débouchent jamais sur des produits commercialisables ; la communauté scientifique attend donc des validations en conditions réelles.






