Le 1er janvier 2026 a changer la donne pour l’évaluation énergétique des logements en France avec l’entrée en vigueur d’un nouveau mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE). Cette réforme revoit le calcul du DPE et avantage les logements chauffés à l’électricité. Grâce à ce nouveau mode, de nombreux propriétaires voient leur bien sortir des classes énergétiques les moins favorables.
Une réforme attendue et bien encadrée
La réforme du DPE a été officialisée par l’arrêté du 26 août 2025. Ce texte ajuste le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire à 1,9, contre 2,3 auparavant. Cette décision fait suite à une première réévaluation réalisée avec la réglementation RE2020 (réglementation environnementale 2020) mise en place en 2022. Historiquement, la France avait retenu un coefficient de 2,58 dès 1972, à une époque où l’électricité provenait principalement de centrales fossiles avec un rendement limité d’environ 38 %. Le paysage énergétique a depuis largement évolué.
La France a massivement investi dans le nucléaire à partir de la fin des années 1970. Aujourd’hui, le nucléaire représente 65 % de la production d’électricité française selon EDF. En parallèle, les renouvelables et l’hydroélectricité offrent des bilans carbone très bas : 6 g CO2eq/kWh pour l’hydroélectricité et 4 g CO2/kWh pour le nucléaire. En comparaison, le gaz naturel, souvent perçu comme une alternative simple, implique des procédés complexes et gourmands en énergie, notamment aux États-Unis, comme le souligne Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement.
Ce que ça change pour le parc immobilier et les réactions des acteurs
La refonte du coefficient devrait permettre la requalification de 700 000 logements aujourd’hui classés F ou G, alors qu’en janvier 2023 on comptait 4,8 millions de passoires énergétiques. Les effets positifs de cette réforme sont multiples. Jean-Pierre Hauet, président du Comité scientifique d’Équilibre des énergies, soutient cette baisse du coefficient en rappelant que l’électricité n’est plus majoritairement d’origine fossile en France, ce qui réduit le nombre de passoires thermiques.
Mais tout le monde n’est pas convaincu. Les industriels gaziers et leur porte-parole, Jean-Charles Colas-Roy, font part de leurs inquiétudes dans les colonnes de La Tribune. Ils redoutent une augmentation de la consommation en hiver liée à la baisse du coût des appareils de chauffage électrique, qu’ils considèrent « peu performants ». Ils parlent d’un « cocktail explosif » avec des risques de délestage, voire de black-out, pendant les pics de demande.






