La France traverse une période de surproduction énergétique. À court terme, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais sur le long terme ça peut poser des problèmes économiques et environnementaux. Cette situation arrive seulement trois ans après la crise énergétique de 2022.
Dans son bilan prévisionnel pour 2025 à 2035, le Réseau de Transport d’Électricité (RTE) détaille les conséquences de cette surcapacité et les mesures à mettre en place pour y répondre.
Trop d’électricité : d’où ça vient et ce que ça change
Carine Sabi, professeure experte en énergie à l’école de management de Grenoble, explique que la faible croissance de la consommation électrique reflète une croissance économique atone, qui ne tire pas la demande d’électricité. L’offre dépasse donc largement la demande actuelle, ce qui permet d’accueillir de nouveaux usages énergétiques — mais cette situation n’est probablement que temporaire, rapporte le journal Capital.
Une surcapacité prolongée peut entraîner des coûts fixes importants, puisque le réseau a été dimensionné pour des pics de consommation qui ne se matérialisent pas. RTE estime que ce surplus pourrait ne durer que deux à trois ans.
La surproduction ouvre aussi des opportunités, comme l’exportation d’électricité vers d’autres pays européens : cela a rapporté 5 milliards d’euros pour la France en 2024. Mais avec une consommation qui a reculé d’environ 30 TWh, soit -6 % par rapport à la moyenne 2014-2019, la pérennité de ces exportations est remise en question pendant cette phase transitoire. RTE souligne l’importance de l’électrification des usages, notamment dans les transports, pour rééquilibrer la situation.
Prix : baisse pour l’instant, mais ça peut vite tourner
À court terme, la surproduction fait baisser les prix de gros de l’électricité. RTE projette un prix spot moyen entre 35 et 50 €/MWh, nettement en dessous du pic observé à plus de 100 €/MWh. Mais la situation peut s’inverser rapidement si rien n’est fait.
La Commission européenne pousse les États vers un modèle énergétique décarboné. Pour la France, cela suppose de réduire la dépendance aux énergies fossiles, qui représentent près de 60 % de ses importations énergétiques. Continuer le développement des énergies renouvelables reste nécessaire pour atteindre ces objectifs et éviter que le surplus ne devienne un fardeau coûteux, favorisant ainsi une transition énergétique.






