Les effets de la crise inflationniste des années 2022 et 2023, largement liés aux questions énergétiques, se font encore sentir partout dans le monde. Un rapport récent de la Banque mondiale, publié le 29 octobre 2025, dresse un tableau intéressant pour le pétrole. On prévoit en effet une forte baisse du prix du pétrole en 2026, accompagnée d’un excès de production de plus en plus marqué.
Évolution des tarifs pétroliers
Le prix du Brent, ce pétrole extrait de la mer du Nord, a chuté petit à petit, explique Ouest-France. En 2022, il tournait autour de 120 €. Puis, il est descendu régulièrement pour avoisiner les 80 € en 2023 et 2024, avant de passer sous la barre des 70 € à la fin de 2025. D’après les prévisions de la Banque mondiale, le Brent devrait se négocier aux environs de 68 € en 2025, pour atteindre environ 60 € en 2026. La Banque de France propose quant à elle des chiffres un peu différents, prévoyant 69,7 € en 2025 et 65,1 € en 2026.
La baisse s’observe aussi pour le West Texas Intermediate (WTI), une référence américaine, confirmant que le marché connaît une évolution similaire à l’échelle mondiale.
Un excès de production qui ne faiblit pas
Parallèlement à la baisse des tarifs, le secteur pétrolier fait face à un excès de production marquant. Cette situation, qui s’est aggravée en 2025, devrait se poursuivre en 2026. Le surplus prévu dépasse largement celui atteint lors du pic de 2020, avec une augmentation estimée à plus de 65 %, malgré les fluctuations des stocks de pétrole.
D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’excédent quotidien de production atteindra environ 2,3 millions de barils par jour en 2025 et grimpera à environ 4 millions en 2026 – soit un surplus supplémentaire d’environ 1,6 million par rapport à il y a cinq ans.
Les raisons derrière cet excès
Plusieurs éléments expliquent cette montée de l’excès de production. En Chine, par exemple, la demande pétrolière a ralenti, du fait des efforts pour rendre son économie plus « verte » et du renouvellement de son parc automobile. La popularité croissante des voitures hybrides à l’échelle mondiale contribue aussi à réduire la dépendance au pétrole traditionnel, favorisant ainsi la transition énergétique.
De son côté, l’économie mondiale fait face à une période d’incertitude, notamment à cause des droits de douane mis en place par Donald Trump pendant sa présidence. En outre, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole élargie (Opep+) a boosté sa production pour reconquérir des parts de marché perdues, ce qui a un impact économique.
Les aléas à surveiller
Même si ces prévisions annoncent une baisse régulière du prix du pétrole et une gestion possible de l’excès, plusieurs incertitudes subsistent. Les estimations actuelles reposent sur l’hypothèse que les tensions géopolitiques ne vont pas s’intensifier. Cependant, un conflit entre de grandes puissances, comme la Russie et l’Ukraine ou dans le Proche-Orient, pourrait chambouler la situation des cours pétroliers.
L’Insee rappelle, en donnant l’exemple d’un conflit bref mais intense entre l’Iran et Israël, qu’une telle situation avait entraîné une hausse rapide des prix sur une période de douze jours.
La Banque mondiale indique : « Ces prévisions partent du principe qu’il n’y aura pas d’escalade majeure des conflits armés. » Cela montre bien combien les événements dans certaines zones du globe peuvent influencer les marchés de l’énergie.






