L’Agence internationale de l’énergie (AIE) va revoir ses prévisions sur la demande mondiale de pétrole et de gaz, une décision qui pourrait chambouler les politiques énergétiques internationales. D’après un rapport préliminaire auquel Bloomberg a eu accès, le pic de demande, prévu initialement avant la fin de la décennie, est maintenant repoussé à 2050. Cette révision pose la question de savoir si le monde sera capable d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris.
Les prévisions actuelles et les changements à venir
L’AIE prévoit actuellement une baisse progressive de la demande de pétrole dans différentes parties du monde. Aux États-Unis, cette diminution devrait débuter dès 2026, tandis qu’en Chine elle est envisagée à partir de 2028. Toutefois, malgré ces baisses régionales, l’agence anticipe maintenant une consommation globale en hausse jusqu’en 2050, allant à l’encontre de ses prévisions précédentes qui annonçaient un déclin définitif.
Cette modification se base sur l’examen des politiques énergétiques en place, qui ne semblent pas à la hauteur pour renverser la tendance à court terme. Les nouvelles estimations prévoient que la consommation mondiale de pétrole pourrait atteindre 114 millions de barils par jour en 2050, comparée aux 104 millions consommés quotidiennement aujourd’hui. Pour rappel, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) situe cette consommation à 123 millions pour la même période.
Les secteurs qui tirent la hausse et les enjeux environnementaux
Plusieurs secteurs majeurs continuent de stimuler cette tendance à la hausse. L’aviation reste un grand consommateur d’hydrocarbures, tout comme le transport maritime et la production de matières premières pétrochimiques, ce qui complique la fin des énergies fossiles.
Cela complique encore la tâche pour limiter le réchauffement planétaire. Actuellement, la température moyenne mondiale a déjà augmenté de 1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle, et on pourrait atteindre +3°C si aucune mesure n’est mise en place. La trajectoire actuelle dévie nettement des objectifs visant à contenir cette hausse à 1,5°C.
La transition énergétique en cours
Même si les énergies renouvelables ont connu une belle progression dans le secteur de l’électricité, leur part dans le mix énergétique global reste assez modeste. Les hydrocarbures continuent de dominer la scène, soulignant l’importance de la transition énergétique durable. « La consommation de pétrole et de gaz naturel augmentera jusqu’en 2050 », indique le rapport préliminaire de l’AIE.
Les responsables économiques admettent que « la transition énergétique n’était pas censée se dérouler ainsi ». Le système énergétique mondial s’avère plus résistant au changement que prévu, rendant la transition plus difficile et onéreuse.
Production mondiale et débats politiques
En août dernier, la production mondiale de pétrole a atteint un record d’après le dernier rapport mensuel de l’AIE. Cette baisse des prix complique encore les incitations économiques pour une transition vers les énergies renouvelables.
De plus, l’absence de soutien politique pour certaines technologies vertes, comme les voitures électriques, se fait sentir dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis (illustrant bien les défis politiques liés à une transition aussi ambitieuse).





