L’Iran accélère son enrichissement d’uranium à 60 %, alerte l’AIEA

L’AIEA estime que l’Iran dispose de plus de 400 kilos d’uranium enrichi à 60%. Une base solide pour arriver au seuil des 90%.

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L’Iran accélère son enrichissement d’uranium à 60 %, alerte l’AIEA © L'EnerGeek

Les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Le stock d’uranium enrichi à 60 % de l’Iran continue de progresser. Les données sont arrêtées au 13 juin dernier, c’est-à-dire juste avant les frappes israéliennes et américaines sur les sites du pays.


Le stock d’uranium enrichi à 60 % de l’Iran grandit, selon l’AIEA


Depuis février 2025, l’AIEA observe une montée constante de la production d’uranium à 60 % de pureté en Iran. Ainsi, entre le 8 février (274,8 kg) et le 17 mai (408,6 kg), le stock s’est accru de plus de 48 %, selon les relevés de l’agence. Cette augmentation spectaculaire illustre une tendance lourde dans les capacités nucléaires de l’Iran, en dépit des inquiétudes internationales.


Le 13 juin 2025, alors que des frappes israéliennes visaient plusieurs sites, l’AIEA estime que l’Iran détenait 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % sous forme d’hexafluorure d’uranium. Cette quantité est jugée suffisante pour potentiellement fabriquer dix armes nucléaires, si elle était portée à un enrichissement supérieur, selon les rapports confidentiels de l’agence consultés par l’AFP. Cette progression alarme tant sur le plan quantitatif que stratégique.


Depuis les frappes américaines et israéliennes de juin 2025, l’accès de l’AIEA aux installations iraniennes reste bloqué ou limité. Rafael Grossi, directeur général de l’agence, insiste : « Ces discussions ne peuvent pas durer indéfiniment », appelant à un accord rapide sur la reprise des inspections. Sans accès fiable, l’AIEA ne peut vérifier l’état réel des stocks et équipements, ce qui accroît les soupçons.


Sur le plan diplomatique, l’escalade provoque une réaction européenne


Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne (E3) ont activé le mécanisme de « snapback ». En clair : des sanctions au Conseil de sécurité de l’ONU, ciblant l’Iran pour un enrichissement jugé excessif et injustifiable au regard de ses prétentions civiles. Cette décision marque une étape décisive dans la confrontation, plaçant l’Iran face à un risque d’isolement accru.


Vers un seuil critique pour fabriquer une bombe nucléaire


Les chiffres donnent le vertige : en juin 2025, le stock total d’uranium enrichi à 60 % se situe entre 409 et 441 kg, une matière considérée comme hautement sensible par l’AIEA. Le passage à 90 %, seuil critique pour une bombe nucléaire, n’apparaît plus comme un obstacle technique insurmontable mais comme une simple étape de conversion.


Le think tank américain ISIS estime qu’une telle quantité pourrait être transformée en uranium de qualité militaire en quelques semaines, notamment dans les sites de Fordow et Natanz. L’organisation calcule que cela permettrait de produire jusqu’à 11 armes en un mois, et plus de 20 en cinq mois si les conditions d’enrichissement restaient stables. Ces prévisions alimentent les inquiétudes régionales et internationales. De son côté, l’Iran réfute toujours l’utilisation militaire de l’uranium, estimant être dans son bon droit de développer du nucléaire civil. Cependant, le taux d’enrichissement d’uranium nécessaire pour produire de l’électricité se situe entre 3 et 5 %.

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