La facture d’électricité n’a pas doublé en dix ans, les renouvelables ne sont pas responsables de cette hausse, et le TURPE ne va pas exploser. La CRE fait le point.
L’électricité : une facture doublée en dix ans ?
Depuis 2015, la facture électricité des ménages au tarif réglementé a augmenté, certes, mais de manière contenue. La Commission de régulation de l’énergie (CRE), dans un document publié le 1er septembre 2025, indique une progression d’environ +20 % en euros constants, hors inflation. Autrement dit, la facture a grimpé, mais loin d’un doublement.
Entre-temps, la CRE a d’ailleurs recommandé une baisse moyenne de -15 % du tarif réglementé de vente de l’électricité au 1ᵉʳ février 2025, suite à une nette détente des prix de gros et à l’application d’une méthode d’approvisionnement lissé sur deux ans.
Les EnR sont-elles responsables de la hausse ?
L’idée que les énergies renouvelables (EnR) constituent l’origine principale de l’augmentation du coût de la fourniture d’électricité est biaisée. La facture se compose de trois parts : fourniture, réseaux, taxes. Les EnR jouent un rôle spécifique sur la part fourniture. En effet, leur coût marginal est faible. Dès lors qu’elles injectent sur le réseau, elles supplantent les moyens plus coûteux, tirant ainsi vers le bas le prix de gros. Ce mécanisme contribue à faire baisser le prix de l’électricité, non à l’augmenter, souligne la CRE.
Lors de la crise énergétique 2022-2023, les prix de gros ont flambé et brouillé cette dynamique. Toutefois, selon la CRE, dès que les marchés se sont apaisés, les EnR ont repris leur rôle stabilisateur. Mieux, en 2022-2023, les EnR ont généré 5,5 Mds € de recettes nettes pour l’État grâce à la structuration des aides inversées lorsque les prix montaient. Les renouvelables ne pèsent donc pas négativement sur la facture du consommateur, et peuvent même agir comme un amortisseur de prix.
TURPE : un doublement à craindre ?
Le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité) finance l’entretien, la modernisation et la résilience des réseaux (transport et distribution). La période TURPE 7 (2025-2028) a été validée par la CRE début 2025 et elle ne prévoit aucune flambée tarifaire. Au 1ᵉʳ février 2025, une hausse modérée de +7,7 % en distribution et +9,6 % en transport a été appliquée, justifiée par les besoins de financement du CRCP et l’évolution des charges.
Cependant, dès le 1ᵉʳ août 2025, des mesures ont atténué cette hausse : l’accise a été recalée, les tarifs ajustés pour limiter l’impact sur la facture. Selon service-public.fr, cette tactique vise à stabiliser les dépenses des ménages en anticipant les évolutions du TURPE. Et sur la période restante, la trajectoire est calibrée pour suivre l’inflation, et non la doubler.






