La centrale nucléaire de Gravelines, dans le nord de la France, a récemment rencontré un événement pour le moins surprenant, mais sans danger. Entre le 10 et le 11 août, une arrivée massive de méduses a contraint l’arrêt temporaire de plusieurs réacteurs. Même si cet épisode a pu inquiéter au début, il convient de rappeler qu’il n’a causé aucun problème aux installations, ni pour le personnel ni pour l’environnement.
Arrêt temporaire à cause d’une invasion inattendue
La centrale de Gravelines, la plus grande d’Europe occidentale, réunit six réacteurs. Lors de cet incident, les réacteurs n°2, n°3, n°4 et n°6 ont dû être stoppés à cause d’une « arrivée soudaine et massive » de méduses dans les tambours filtrants des stations de pompage d’eau de mer. Pour information, les réacteurs n°1 et n°5 étaient déjà en maintenance programmée à ce moment-là. L’arrêt a duré près de 48 heures, mais grâce aux mesures préventives mises en place, le refroidissement garantissant la sûreté des réacteurs ne s’est pas perturbé.
L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ANSR) a confirmé que l’événement n’avait rien remis en cause : « Cela n’a pas affecté le refroidissement des équipements assurant la sûreté des réacteurs, soulignant l’importance des protocoles. » Une déclaration qui rassure sur la fiabilité des protocoles de sécurité utilisés pour gérer ce genre de situation.
Reprise progressive des opérations
Une fois l’invasion sous contrôle, EDF, l’exploitant de la centrale, a annoncé le redémarrage du réacteur de tous les réacteurs concernés. L’unité n°6 a été la première à reprendre le service le 13 août, suivie par l’unité n°2 le même jour. Le réacteur n°4 a été réactivé le 20 août après avoir été déconnecté « de manière préventive » à cause d’une nouvelle recrudescence de méduses. Enfin, l’unité n°3, la dernière à être reconnectée au réseau électrique national, a repris ses fonctions peu après.
Dans un communiqué officiel, EDF a précisé : « Les unités 2, 4 et 6 sont en fonctionnement », indiquant ainsi le retour à la normale après cette coupure inattendue.
Un phénomène naturel amplifié par plusieurs facteurs
Le littoral du nord de la France voit régulièrement une présence saisonnière importante de méduses en été. Ce phénomène trouve son explication dans divers éléments environnementaux, notamment l’impact environnemental du changement climatique. La montée des températures océaniques due au changement climatique favorise leur multiplication. Par ailleurs, la surpêche réduit le nombre de prédateurs naturels qui contrôlent habituellement leur population. Enfin, une abondance de plancton leur offre une nourriture en plus.
Dominique Mallevoy, responsable aquariologie au centre national de la mer Nausicaá à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), souligne que ces éléments amènent une apparition de plus en plus fréquente des bancs de méduses chaque été.
Des incidents similaires ailleurs dans le monde
Cet épisode rappelle une perturbation du même genre survenue dans les années 1990 à Gravelines. D’autres centrales nucléaires à travers le monde ont aussi connu ce genre de désagrément lié aux méduses. Aux États-Unis, en Écosse, en Suède et au Japon, des événements comparables ont été observés dans les années 2010.
Ces cas montrent que, même s’ils restent rares et imprévus, les invasions massives de méduses peuvent représenter un défi temporaire pour les installations en bord de mer, comme les centrales nucléaires.






