Une embellie inattendue ! En ce mois de juillet 2025, les automobilistes français font face à une baisse de prix rare. C’est en effet du jamais vu depuis quatre ans !
Prix du carburant : un niveau inédit depuis quatre ans
Le ministère de la Transition énergétique est formel : les prix à la pompe atteignent en ce moment leur plus bas niveau pour un mois de juillet depuis 2021. Le gazole s’affiche à 1,6279 euro le litre, contre 1,70 euro un an plus tôt. Le Sans Plomb 95-E10, carburant majoritaire dans le parc français, est passé de 1,80 euro en juillet 2024 à 1,6694 euroaujourd’hui.
Sur un plein de 50 litres, l’économie est immédiate : 4 euros de moins pour le gazole, 6,63 euros pour l’essence. Une variation qui reflète plus qu’une simple dynamique de marché. Le prix du Sans Plomb 95 (E5) est lui aussi en repli : 1,704 euro, soit 12,6 centimes de moins qu’en 2024. Et pour le SP98, la baisse est similaire : -12,2 centimes.
L’un des éléments déclencheurs de cette baisse à la pompe est géopolitique. Le 24 juin 2025, un cessez-le-feu a été signé entre Israël et l’Iran, mettant fin à un conflit de 12 jours. Une escalade qui faisait redouter le pire pour les prix de l’énergie. La banque JPMorgan, entre autres, anticipait un baril à 130 dollars si les tensions bloquaient les routes pétrolières. Il n’en a rien été.
Le baril de Brent, référence sur les marchés, s’est stabilisé autour de 70 dollars. « Les prix du pétrole sont quand même assez stables depuis la fin de la guerre des 12 jours entre l’Iran et Israël », explique Édouard Lotz, consultant chez Omnegy, à BFMTV le 30 juillet 2025.
Euro fort, baril faible : les ingrédients d’un carburant en baisse
Outre le repli des tensions, deux paramètres techniques expliquent la tendance actuelle : l’équilibre de l’offre et la valorisation de l’euro.
D’une part, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a annoncé une hausse de ses quotas de production dès le mois d’août, dans l’objectif de contrer la concurrence américaine. Une manœuvre qui inonde le marché, favorisant la baisse du brut.
D’autre part, le taux de change euro-dollar joue à plein. L’euro est passé de 1,02 à 1,16 face au billet vert, ce qui réduit le coût du pétrole importé. Comme le rappelle Philippe Charlez, expert en questions énergétiques à La Dépêche du Midi : « Comme on achète le pétrole en dollars, mais qu’on vend l’essence en euros, cette évolution du change fait automatiquement baisser les prix des carburants. »
Faut-il pour autant parler de retournement structurel ? Non, répondent les experts. Car si les taxes et les marges de raffinage restent inchangées, le reste du marché demeure instable. Une tension au Moyen-Orient, une décision de l’OPEP ou une réorientation monétaire suffiraient à renverser la tendance.
« Le marché du pétrole est conjoncturel et extrêmement sensible à la géopolitique », analyse Philippe Charlez. Et même si certains conducteurs espèrent une accalmie prolongée, le mot d’ordre reste la prudence.





