Un salarié contaminé par une particule radioactive à la centrale nucléaire de Gravelines

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Un salarié contaminé par une particule radioactive à la centrale nucléaire de Gravelines
Un salarié contaminé par une particule radioactive à la centrale nucléaire de Gravelines © L'EnerGeek

Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2025, un employé d’une entreprise prestataire a été contaminé par une particule radioactive alors qu’il intervenait dans le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le département du Nord. Ce réacteur était alors à l’arrêt pour maintenance, une procédure censée être maîtrisée et sécurisée. L’incident, classé au niveau 2 de l’échelle INES, qui en compte sept, a immédiatement été signalé aux autorités de sûreté nucléaire.

Contamination externe : une particule radioactive sur la nuque

C’est lors des contrôles systématiques de sortie du bâtiment réacteur, première barrière de contrôle radiologique, que la contamination externe a été détectée. « Une contamination externe a été détectée au niveau de la nuque de l’intervenant », a précisé EDF dans un communiqué publié le 25 juillet 2025 sur son site officiel.

L’origine de cette particule radioactive n’a pas encore été formellement identifiée, mais elle a été immédiatement retirée par une personne qualifiée présente sur place. L’intervention de l’équipe de radioprotection a été rapide, respectant le protocole. Pourtant, la présence de cette particule à un endroit aussi critique que le cou, zone sensible et souvent peu couverte, interroge directement les procédures de sécurité.

Règles non respectées : une exposition au-delà des seuils réglementaires

Le salarié contaminé a ensuite été pris en charge par le service médical de la centrale. Après plusieurs contrôles, aucun risque vital n’a été constaté, et l’homme a pu regagner son domicile, comme l’a confirmé France Bleu. Cependant, le calcul d’exposition a révélé un dépassement du seuil réglementaire annuel d’exposition cutanée, connu sous l’appellation « dose peau ».

Ce seuil, fixé à 500 millisieverts par centimètre carré, a été franchi, entraînant de fait une interdiction de reprise du travail à court terme pour l’employé. « Le salarié bénéficiera d’un suivi médical adapté », précise EDF. L’enquête interne conduite par l’exploitant nucléaire révèle que les règles de précaution n’auraient pas été respectées durant l’intervention. Aucun autre salarié présent dans la zone à ce moment n’a été contaminé.

Un rappel à l’ordre dans un secteur hypersécurisé

Si le niveau 2 de l’échelle INES correspond à un incident sans conséquences majeures sur l’environnement, il représente une alerte sérieuse dans l’univers très réglementé du nucléaire. À Gravelines, l’un des plus grands sites nucléaires d’Europe avec ses six réacteurs, l’événement soulève la question de la maîtrise des risques lors des opérations de maintenance, souvent confiées à des entreprises sous-traitantes.

Le fait que l’incident soit lié à une seule particule radioactive, détectée sur une zone découverte du corps, montre à quel point le moindre relâchement dans le respect des consignes peut entraîner une chaîne de conséquences. En l’occurrence, une simple erreur de vigilance ou une faille de protection individuelle a suffi à faire dépasser une limite réglementaire nationale.

Un précédent à méditer pour l’ensemble du parc nucléaire

Dans un contexte où la reconduction de l’exploitation de nombreux réacteurs anciens est envisagée et où la maintenance lourde devient la norme, cet événement rappelle que le facteur humain reste une vulnérabilité persistante, même dans un secteur bardé de normes.

À Gravelines comme ailleurs, chaque particule radioactive en circulation hors confinement est une anomalie. Et si, cette fois, les conséquences humaines sont limitées, l’incident impose une réévaluation immédiate des pratiques de radioprotection pour tous les intervenants en zone contrôlée.

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