Adieu pétrole, gaz et charbon ? La fin des énergies fossiles

L’ONU annonce un tournant décisif : l’ère des énergies fossiles touche à sa fin.

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Adieu pétrole, gaz et charbon ? La fin des énergies fossiles
Adieu pétrole, gaz et charbon ? La fin des énergies fossiles © L'EnerGeek

Par une belle journée d’été, avec l’East River en toile de fond, le siège de l’ONU à New York a récemment vibré au rythme d’une annonce importante. António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a parlé d’un « moment d’opportunité » pour la transition énergétique mondiale. Alors que les bonnes nouvelles sur l’environnement se font rares, cette conférence de presse a mis en lumière une évolution majeure vers un futur plus durable.

La fin des énergies fossiles

António Guterres n’a pas hésité et a affirmé que « les énergies fossiles sont en bout de course ». Pour lui, l’ère du charbon, du pétrole et du gaz disparaît petit à petit. Ces combustibles, qui représentent encore 40 % des émissions mondiales de CO2, sont selon lui « la plus grande menace pour la sécurité énergétique ». Il recommande d’éviter d’exploiter 80 % des réserves accessibles de ces ressources pour ne pas provoquer un réchauffement dangereux.

Des experts comme Patrick Pouyanné, Directeur général de Total, et Jean Jouzel, climatologue de renom, ont rejoint ce constat urgent. Jouzel a averti qu’un scénario où les émissions continueraient sans frein pourrait mener à un réchauffement global de 4 à 5 °C d’ici 2100 si aucune mesure n’est prise.

Une transition énergétique irrésistible

L’ONU affirme désormais que le passage aux énergies propres est inéluctable. Un rapport élaboré par plusieurs institutions internationales montre que cette mutation s’appuie fortement sur des raisons économiques. En effet, le potentiel inexploité de l’énergie solaire coûte aujourd’hui 41 % de moins que les énergies fossiles, et l’éolien en mer profite d’une réduction de coût de 53 %. Par ailleurs, en 2024, 92 % des nouvelles capacités électriques installées dans le monde provenaient de la consommation électrique renouvelable.

Les investissements dans le secteur propre ont atteint des sommets : 2.000 milliards de dollars en 2023, soit 800 milliards de plus que ceux destinés aux énergies fossiles. Ce dynamisme a permis au secteur des énergies renouvelables de créer plus de 35 millions d’emplois dans le monde.

Des inégalités persistantes

Malgré ces avancées, des disparités marquées subsistent dans la répartition des investissements. Depuis 2016, moins d’un dollar sur cinq investi dans les énergies propres est allé aux pays en développement hors de Chine. À titre d’exemple, en Afrique, moins de 2 % des investissements mondiaux ont été dirigés vers le continent en 2024.

Pour remédier à ces écarts, António Guterres demande une refonte rapide de l’architecture financière internationale. Il propose d’augmenter les capacités de prêt des banques multilatérales et de transformer les dettes en investissements climatiques afin de faciliter l’accès au financement pour les pays du Sud, tout en évitant une hausse des factures d’électricité.

Un futur énergétique durable

Lors de son allocution, António Guterres a lancé un appel aux grandes entreprises technologiques pour qu’elles adoptent exclusivement les énergies renouvelables d’ici 2030. Il a remarqué que « la lumière du soleil n’est pas sujette à des hausses de prix » et qu’aucune force ne peut stopper la transition énergétique. Certes, il admet que cette transformation doit être accélérée et rendue plus équitable.

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