Depuis le 9 juin 2025, la question du lithium en Algérie n’est plus un simple espoir géologique, elle s’ancre désormais dans une stratégie nationale assumée. Face à la demande mondiale croissante en batteries électriques, Alger semble enfin décidée à exploiter un potentiel jusqu’ici sous-estimé, en partenariat avec des figures scientifiques de renom.
Les gisements de lithium en Algérie : le Hoggar et les chotts, deux zones sous la loupe
Dans une déclaration reprise par El Moudjahid le 9 juin 2025, le PDG de la Sonarem (Société nationale de recherche et d’exploitation minière) a été clair : « le potentiel géologique de l’Algérie en lithium se trouve au niveau des chotts et au niveau des roches du Hoggar ». Ces deux zones, aux caractéristiques géologiques très différentes, concentrent désormais les regards et les budgets. Le Hoggar, massif granitique du sud du pays, est depuis longtemps connu pour ses ressources métallifères.
Selon Belkacem Soltani, également cité dans l’article de TSA Algérie, « il y a un gisement en roche au niveau du Hoggar, où l’ORGM (Office national de la recherche géologique et minière) est en train de travailler pour évaluer le potentiel exact de lithium ». Quant aux chotts, ces dépressions salines des hauts plateaux sont soupçonnées d’abriter du lithium sous forme de saumures, comme dans les salars sud-américains. Mais à ce jour, aucune estimation officielle des volumes n’a été publiée. Ce silence cache-t-il une absence de certitudes… ou une volonté stratégique de ne pas trop en dire ?
Une stratégie industrielle autour du lithium : de la mine à la batterie
La découverte de ces gisements ne relève pas du simple inventaire scientifique. Elle s’inscrit dans un projet industriel plus vaste : la production locale de batteries électriques. Cette ambition a été réaffirmée début mai 2025 par le PDG de la Sonarem, cité par TSA Algérie, qui annonce que « les deux premières transformations de fer et de phosphate » ont été lancées, « en attendant de confirmer notre potentiel géologique en matière de lithium ».
Au centre de cette stratégie : Karim Zaghib, scientifique de réputation internationale et ancien directeur scientifique chez Hydro-Québec. L’État algérien mise sur ses compétences pour structurer une filière qui va de l’extraction à l’assemblage des cellules lithium-ion. Un projet titanesque ? Oui, mais pas irréaliste : l’Algérie dispose déjà d’une base minière et énergétique, et cherche à valoriser ses ressources autrement qu’en les exportant brutes.
Le pari de la souveraineté énergétique algérienne à l’épreuve des faits
Est-ce que l’Algérie peut vraiment devenir un acteur majeur du lithium ? À ce stade, la prudence reste de mise. Aucune donnée publique ne permet de quantifier précisément les réserves. Les termes employés par les responsables sont souvent flous : on parle de « potentiel à confirmer », de « travaux en cours », mais rarement de chiffres ou de cadastre minier complet. Et pourtant, les signaux d’engagement sont bien là.
Les transformations métallurgiques déjà lancées sur le fer et le phosphate sont vues comme des étapes préparatoires à la montée en puissance de la chaîne de valeur. L’objectif est de ne pas répéter les erreurs passées, où le pays exportait ses matières premières sans en tirer une réelle plus-value industrielle. Dans un monde où les batteries électriques deviennent le nerf de la guerre énergétique, ne pas exploiter son propre lithium revient à rester spectateur d’une révolution.






