En février 2025, un événement inattendu a relancé les inquiétudes autour du site de Tchernobyl. Un drone (attribué par l’Ukraine à la Russie) a touché l’arche de confinement, récemment édifiée pour sécuriser le réacteur qui a explosé en 1986. Même si cette attaque n’a pas fait grimper les niveaux de radiation, elle pose des questions sur la sûreté des installations nucléaires, surtout avec la guerre qui fait toujours rage en Ukraine. Cette situation a poussé la communauté internationale, et notamment la France, à mettre les moyens financiers pour réparer et maintenir cette structure indispensable.
Ce qui s’est passé et ses répercussions
L’attaque au drone, menée par la Russie contre l’arche de confinement de Tchernobyl, marque un tournant dans les hostilités ukrainiennes. L’Ukraine accuse Moscou d’avoir délibérément visé cette installation avec un drone chargé d’explosifs. Pourtant, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a indiqué que l’armée russe ne cible pas les installations nucléaires. Heureusement, on n’a pas constaté de hausse des radiations après l’attaque. Cependant, les dégâts sur une structure conçue pour contenir les débris radioactifs du pire accident nucléaire (celui d’avril 1986) inquiètent la communauté internationale quant à la sécurité future du site.
L’argent engagé et l’appui international
Face aux dégradations, la France n’a pas tardé à réagir en annonçant une aide financière notable. Lors de l’assemblée annuelle de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) à Londres le 14 mai, il a été précisé que Paris allait débloquer 10 millions d’euros pour remettre en état l’arche abîmée. Cette somme vient s’ajouter à un fonds de coopération pour Tchernobyl lancé en 2020, qui avait été initialement doté de 25 millions d’euros. Pierre Heilbronn, envoyé spécial d’Emmanuel Macron pour la reconstruction de l’Ukraine, espère que cette première contribution incitera d’autres partenaires à participer financièrement. La Berd souligne que ces fonds sont destinés à « la restauration des fonctions clés ».
L’arche : sa conception et sa valeur
Inaugurée en 2019, l’arche de confinement est une véritable prouesse technique réalisée par le consortium français Novarka, une coentreprise réunissant Bouygues et Vinci. Avec ses 108 mètres de hauteur et ses 36 000 tonnes, elle recouvre le réacteur détruit lors de l’accident nucléaire d’avril 1986 ainsi qu’un premier sarcophage construit par les Soviétiques. Le coût total de cette œuvre dépasse les 1,5 milliard d’euros et a été financé par la Berd ainsi que par divers partenaires internationaux. Elle a été conçue pour protéger le site pendant au moins cent ans tout en permettant une déconstruction sécurisée du réacteur et du sarcophage initial.






