Le gouvernement français a décidé de réduire fortement les aides financières pour les petites et moyennes installations photovoltaïques. Cette décision, prise alors que le secteur connaît une belle activité, suscite de vives réactions parmi les professionnels du solaire.
Une baisse financière qui se fait sentir
Les nouvelles mesures prévoient une diminution nette des subventions pour les installations photovoltaïques résidentiels. La prime à l’installation, qui était auparavant fixée à 220 euros le kilowatt-crête (KWc) pour les installations de moins de 3 KWc et à 180 euros le KWc pour celles allant de 3 à 9 KWc, sera désormais ramenée à 80 euros le KWc. Parallèlement, le tarif de rachat du surplus d’électricité, qui se situait à 12,7 centimes d’euros, pourrait chuter jusqu’à 4 centimes d’euros.
Ces changements s’appliqueront rétroactivement aux demandes de raccordement effectuées depuis le 1er février 2025.
Les petites installations sous pression
Les installations photovoltaïques inférieures à 9 KWc verront leurs aides recentrées sur l’autoconsommation. En pratique, la vente intégrale de l’électricité produite ne sera plus rémunérée, ce qui obligera les propriétaires à consommer une part plus importante de leur production pour maintenir la rentabilité de leur installation (la Commission de régulation de l’énergie, CRE, l’explique bien).
Par ailleurs, malgré cette réduction des aides directes, une bonne nouvelle pointe à l’horizon avec la baisse prévue de la TVA sur les panneaux solaires à 5,5% dès octobre prochain. Ce changement devrait permettre de réaliser des économies non négligeables pour ceux qui envisagent d’installer des panneaux solaires.
Les retombées économiques et sociales
Au-delà des chiffres et des techniques, ces modifications touchent aussi l’humain. Le Collectif pour la défense du photovoltaïque en France (CDPF), qui regroupe plus de 2 000 structures, craint que plus de 30 000 emplois ne soient menacés à court terme. Certains gestes symboliques ont déjà été observés, comme le démontage et la dépose de panneaux solaires devant certaines mairies.
Face à la situation tendue, le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) a suggéré de repousser la mise en application des nouveaux tarifs jusqu’à l’automne pour les petites installations. Pour ce qui est des moyennes installations, un tarif plafond fixe à 95 euros/MWh (sans dégressivité) a été proposé.
Dans le même temps, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a revu ses objectifs pour 2035, qui se situeront désormais entre 75 et 90 GW au lieu de viser jusqu’à 100 GW. Il est aussi prévu que les petites et moyennes installations ne représentent pas plus d’un tiers du total.






