Le terminal américain de gaz naturel liquéfié (GNL) de Plaquemines, en Louisiane, a franchi une étape commerciale décisive. Depuis le 31 octobre 2026, la première phase du site peut livrer ses clients sous contrats de long terme. Pour EDF, qui a réservé des volumes sur vingt ans, cette mise en service compte dans la diversification de ses achats de gaz.
L’exploitant Venture Global a annoncé le 1er novembre le début de l’exploitation commerciale de la première phase de Plaquemines LNG. Le groupe précise que cette étape a été atteinte le 31 octobre, un peu plus de 53 mois après sa décision finale d’investissement. Le premier chargement réalisé après cette date a quitté le terminal le 1er novembre, à 3 h 26, pour le compte de Shell, selon le communiqué de Venture Global.
De la mise en service technique aux livraisons contractuelles
Le changement de statut est important pour les acheteurs de GNL. Pendant la phase de démarrage et d’essais, les cargaisons produites à Plaquemines étaient commercialisées sur le marché au comptant. Désormais, la première phase entre dans le régime des livraisons prévues par les contrats de vente à long terme.
Shell a reçu la première cargaison de ce nouveau régime. Reuters indique qu’EDF, le groupe polonais Orlen et les entreprises chinoises Sinopec et CNOOC Gas & Power figurent également parmi les clients de la première phase. L’annonce ne précise pas qu’une première cargaison destinée à EDF a déjà quitté le site.
Ce passage aux contrats intervient sur un marché international du gaz marqué par de fortes tensions sur les approvisionnements et les prix, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient. Les contrats à long terme offrent aux acheteurs une visibilité différente de celle des achats ponctuels, même si leurs conditions tarifaires exactes ne sont pas publiques.
EDF a contractualisé 1,4 milliard de mètres cubes par an
Le lien avec la France est documenté dans les propres données du groupe EDF. Dans son document « Facts & Figures 2025 », page 85, l’électricien présente un contrat de GNL provenant de Plaquemines portant sur 1,4 milliard de mètres cubes de gaz naturel par an, pour une durée de vingt ans, avec un début de livraisons prévu en 2026.
Il s’agit d’un engagement d’approvisionnement de long terme, et non d’une commande ponctuelle liée à l’actualité des prix. La mise en exploitation commerciale de la première phase rend désormais possible l’exécution des ventes contractuelles de ce terminal. Le calendrier précis des cargaisons destinées à EDF reste à confirmer.
Le même document montre que le portefeuille gazier d’EDF et de sa filiale italienne Edison repose sur plusieurs origines : États-Unis, Qatar, Afrique du Nord, Norvège et Azerbaïdjan notamment. Cette diversification répond à une logique de sécurité d’approvisionnement, dans laquelle la disponibilité physique des cargaisons compte autant que la signature des contrats.
Quel effet pour le marché gazier européen ?
L’arrivée de nouvelles livraisons américaines sous contrats peut renforcer la visibilité des acheteurs européens dans une période de volatilité. Elle ne fixe toutefois pas à elle seule les prix de gros du gaz en Europe : ceux-ci dépendent de l’ensemble des volumes disponibles, de la demande, des stocks, du transport maritime et des risques géopolitiques.
Pour les consommateurs français, l’intérêt est donc d’abord celui de la sécurité des achats et de la diversification des sources du fournisseur. Le démarrage commercial de Plaquemines ne permet pas de chiffrer une variation de facture : aucun tarif de détail français n’a été annoncé à cette occasion.
Les prochaines étapes concrètes seront les livraisons effectives aux différents acheteurs sous contrat, dont EDF, et la montée en régime du terminal. Elles permettront de mesurer la contribution réelle de Plaquemines aux approvisionnements internationaux de GNL.






